ParAdeline Une petite citation : "Ce n'est pas quand il a découvert l'Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir, que Colomb a été heureux." (F.Dostoievski)
Slow down you move too fast Posté le 24 août 2008 par Adeline
Voir un film de Woody Allen m'a donné envie de retourner dans le West Village, écouter Patti Smith en boucle m'a donné envie de revisiter l'East Village… Mardi, c'était donc parti pour une tournée des villages comme on les appelle ici…
J'ai commencé par le coté Ouest… Le West Village est donc la partie la partie extrême de Greenwhich village… C'est une des seules parties de Manhattan où les rues ne répondent pas à un fonctionnement de quadrillage, ce qui fout un sacré bordel, après plus d'un mois passé ici, j'avais oublié que des rues pouvaient ne pas être perpendiculaires ou parallèles les unes avec les autres… Ce qui est très surprenant c'est que le village a, malgré sa réputation, gardé une âme vraiment particulière, quelque chose de tout à fait différent de New York... Peu / pas d'agitation, peu /pas de bruit, le village repose et se repose... Peut être que c'est l'endroit le plus européen de New York au final... J'ai beaucoup aimé aussi les book shop qui occupent chaque coins de rues, des kilomètres et des kilomètres de livres usagés ou neufs... J'en ai feuilleté quelques uns, et puis je suis tombée sur, ce qui pour moi, constitue une vraie mine d'or : une librairie féministe ! Des étagères des livres consacrées exclusivement à ce sujet : Simone de Beauvoir, Betty Friedman, Dorie Lessing, elles y sont toutes ! ! !
Passionnée par le sujet, j'y ai passé quelques heures, portée par une transcendance avec l'envie de tout lire, de vraiment tout connaître sur le sujet... Au final, je me suis contentée d'un seul bouquin, mais promis j'y retournerai.... et je crois que je sais de quoi je vais remplir des 23 kilo de bagages que je peux ramener en France...
Il m'a semblé que le Village portait bien son nom, l'ambiance y est vraiment.... "village". Et quand j'ai eu envie d'un peu plus de bruit-mouvements-VIE, j'ai traversé Broadway pour rejoindre l'East Village...
Fini les cafés où les intellectuels se retrouvent pour parler de Derrida ou de Foucault, dans l'East Village on parle des Ramones et on discute encore la mort du leader des Clash...
Ici aussi, on parle politique, mais pas sur le même ton, pas avec les même mots, pas avec les mêmes illusions.... J'ai toujours été sensible à l'idéologie Punk, mais être dans l'antre de son explosion, de sentir les rêves politiques, de sentir et de voir sur chaques murs les marques d'un combat perdu d'avance avait quelque chose de touchant...! C'est incroyable ce que ce quartier m'a paru idéologique, c'est incroyable ce que ce quartier m'a donné envie d'y croire... Le mouvement punk clamait : no futur, être là au contraire m'a donné envie d'y voir un futur, et m'a donné envie de défendre mes idéaux...Bref, pendant quelques minutes, mes rêves de grand soir ont été réactualisés... Malheureusement pour moi, je n'ai plus la naïveté de vraiment croire à leur accomplissement...
Donc pour revenir à l'East Village, même si aujourd'hui, comme partout sur Manhattan, le quartier s'est embourgeoisé, il conserve une plus mauvaise réputation que le reste de Manhattan... Dans les années 90 encore les dealers étaient nombreux, et à la tombée de la nuit, aujourd'hui encore c'est le seul endroit où j'ai vu des vendeurs de crack s'affichent ouvertement dans les allées du Tompkin Park...
Un soir dans l'East Village est vous comprenez la signification de l'expression : Sex, Drug and Rock and roll....
Un disquaire m'a d'ailleurs répéter ce dicton connu à propos de l'East Village :
Avenue A, you're allright
Avenue B, you're brave
Avenue C, you're crazy
Avenue D, you're dead
Et oui, parce que contrairement à ailleurs, dans l'East Village, les avenues sont nommées par des lettres, et jusque dans les années 90, s'aventurer vers l'avenue D relevait de l'opération kamikaze... aujourd'hui, c'est surtout autour de l'avenue A et B que se concentre les commerces, restaurants, bars... Mais comme un peu de folie m'a poussé vers l'avenue C où j'ai découvert des disquaires installés dans des caves, des boutiques de tatouages tous les 100 mètres...
J'ai toujours eu une fascination pour les années 70-80, et en me promenant dans l'East Village, en parlant à tous ces gens, en voyant l'amour qu'ils avaient pour le quartier qui avait bercé leur jeunesse et leur rêves de grand soir, j'ai vraiment mais vraiment regretté d'être née à une époque musicalement apparentée à la Dance ou la Techno....
La phrase des fois con, des fois pas :(propose la tienne)
"ah les sièges chauffants... C'est bien les filles ont pas froid au c**.. même que ça les excitent... et en plus, ça sèche les culottes !" (Le prof de design (poétique) de Moossye)