ParAdeline Une petite citation : "Ce n'est pas quand il a découvert l'Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir, que Colomb a été heureux." (F.Dostoievski)
Pour un oui, pour un non Posté le 14 septembre 2008 par Adeline
Et moi qui la semaine dernière écrivait ici même que les scénarios faisaient défaut en ce moment.... samedi soir, le script était parfait, j'aurai voulu le changer mais les dialogues et les images étaient trop bien posés sur papier, je n'ai rien pu y faire, j'ai subi la loi des scènes... C'était digne d'un épisode de Sex and the City, pas forcément des meilleurs mais l'intention y était. C'est l'histoire d'une fille.... Elle a rendez vous avec un gars rencontré quelques semaines auparavant un peu par hasard... 20h30, 72 ème rue / Broadway, une bouteille de vin à la main, encore emballée dans le papier marron que l'on impose ici chaque fois que l'on achète de l'alcool... Le plan était clair, du moins, il lui semblait, ils dinaient ensemble, ils regardaient un DvD et elle afficherait clairement l'intention de ne pas rentrer chez elle pour la nuit... Comme dans la chanson de Francis Cabrel : un samedi soir sur la terre, elle avait ressorti sa mini robe verte, ses talons, un maquillage et une coiffure appropriée, le tableau était parfait, la fille attirante... 21h, avec un peu de retard, la fille sort du métro et téléphone à celui qu'elle imaginait être en train de l'attendre avec impatience.... 4 coups de téléphone, 1 sms, et la fille est toujours dans la rue avec sa bouteille de vin à la main... Elle sourit du ridicule de la situation mais au fond elle ne se sent pas très fière... C'est pas qu'elle y tenait particulièrement à ce garçon, c'est qu'elle avait pas vraiment envie de passer la soirée seule, c'est qu'elle avait une sorte de revanche à prendre, c'est qu'elle voulait se rassurer... Mais le scénariste ne voyait pas les choses de cette façon... Peut être voulait il lui prouver qu'on ne joue pas avec les gens en fonction de ses états- d'âme ? ? ? peut être voulait il lui prouver que c'est pas une nuit avec un gars qui ne l'attire même pas qui résorberait ses problèmes de confiance en elle ? ? ? peut être juste était ce plus marrant à observer ? ? ? Toujours est il que le film continue... Autour d'une table à un Starbuck, parce que c'est le seul endroit qu'elle a trouvé pour aviser... Le cadre est, de suite, moins glamour, les yeux se remplissent d'eau... -pas la faute à la tristesse, celle de l'humiliation et de l'égo qui vient d'en prendre un coup-, la machoire se serre pour contenir à l'intérieur la colère... Ca tape dans son ventre de haine et de colère, en français et en anglais, il n'y a que des insultes dans son esprit, elle rêve de pouvoir les lui cracher à la gueule, mais assise tranquillement, elle boit son café et se demande : right now, what's going on... Le reste se déroule tout le long de Manhattan.. Un samedi soir à 22h30, une fille toute seule, habillée comme une pute, les talons trop hauts, la jupe trop courte, les yeux trop noirs, une bouteille tout serrée entre ses seins, descend Broadway... 80 blocs pour évacuer la colère, entre 72ème et Canal Street, 8 kilomètres pour qu'elle accepte la réalité, celle de s'être fait plantée...8 kilomètres pour qu'elle réalise qu'elle n'était pas prête à partir, comme si elle ne le savait pas encore, qu'elle ne voulait pas rentrer en France... 8 kilomètres de cette ville qu'elle a appris à aimer depuis juillet... 8 kilomètres de gens qui dorment sur les trottoirs, de couples qui se disputent devant un taxi, d'autres qui se retrouvent devant un restaurant, d'amis un peu éméchés qui s'apprêtent à sortir... Mais New York, un samedi soir vers 23 heures, c'est aussi un garçon qui pleure dans les bras d'un autre, c'est un punk qui vomis sur le trottoir pendant que de l'autre coté, un accordéoniste joue un air de musette pour quelques pennys... 8 kilomètres pour réaliser que cette ville était trop magique, trop belle pour se laisser bouffer par des états-d'ame, y'avait pas besoin d'être mal accompagnée.... et puis le reste, la fille a toujours son canard Sephora.... ---------------------
je ne pensais pas un jour écrire cela mais je crois que maintenant il est temps que je rentre... J'ai trouvé les réponses mes questions, mais il me reste trop peu de temps pour entamer quelque chose d'autre ici, alors puisque je ne peux plus vivre cette ville en touriste, puisque je ne peux rien faire d'autre au vue du temps qu'il me reste, il est l'heure de retourner en France... Je n'ai aucune envie de rentrer, je me suis pas vraiment prête à quitter cette ville, mais puisque je ne peux rien construire d'autre pour le moment, il est temps que l'aventure touche à sa fin... Les 10 jours qui me restent, je vais les consacrer à mettre en place les fondations d'un nouveau défi : mon retour ici dés mars, pour de bon cette fois...
Nooooooooooon il a osé !
Si t'as besoin d'une cure de chocolat, appelle moi !
On se boira le kangourou, si tu t'es pas deja noyee dedans... je ferais des bouchees
- bise Par keskeckecei le 14 septembre 2008 à 19:53
il a la classe, ton billet, Adeline. Chapeau. Par Fab le 14 septembre 2008 à 21:56
Adeline, j'ai des frissons et la bouche ouverte, tu as une plume qui chatouille l'âme, sincèrement ton histoire semble avoir été taillée en prétexte pour te faire écrire une histoire qui laisse sur le cul.
you rock ! ( ça s'dit comme ça aussi hein ? ) Par Mademoiselle So le 15 septembre 2008 à 13:43
Je viens de lire ça et vraiment, je te souhaite de pouvoir construire tout ce que tu veux à ton retour, ce billet me laisse aussi sur le cul, j'dirai même que c'est aussi chouette qu'une chanson de Joe Dassin ou que la bande son de Rocky 'Gonna fly now'. Par Artefact. le 20 septembre 2008 à 12:11