Le New-Yorkais étant en recherche permanente d'efficacité, le dimanche matin, pour lui, pas de temps à perdre avec une grasse mat'... Le new yorkais, le dimanche matin, ben il va courir dans Central Park...
Après avoir eu confirmation par différentes personnes de cette information, que j'avoue avoir espéré être un mythe, j'ai réenclenché le mode exploratrice, programmé mon réveil à 8h, enfilé mon short (toujours le même), mon débardeur et mes baskets. Direction la 86ème rue pour un parcours sportif que j'espérai plus facile que ma montée du pont de Brooklyn à vélo.
9h30, je sors du métro, trois blocs me séparent de Manhattan. Pour avoir l'air plus crédible, je les fais au pas de course, et j'entre dans Central Park près du réservoir Jacqueline Kennedy. (Moi aussi, quand je serai riche et célèbre, j'aurai un plan d'eau en plein New York à mon nom. Dommage que Barack Obama soit déjà marié ;-) ).
Il a beau être tôt, il fait déjà presque 25 degrés, mais c'est pas grave, je m'en fous, on est New-Yorkais ou on ne l'est pas ! Les autres n'ont pas l'air de réaliser qu'il risque l'insolation à chaque nouveau pas, alors moi aussi je fais comme si tout allait bien.
Et c'est parti pour un tour de réservoir : 100 mètres, 200 mètres, 300 mètres... Je lutte avec deux points de côté, mais c'est pas grave, il faut souffrir pour être New-Yorkais, n'est-ce pas ?
400 mètres, je me fais doubler de tous les côté. Si ça continue je vais créer un bouchon, mais c'est pas ça qui compte, l'important c'est la démarche, pas le rythme. Allez, je continue...
Keep running, keep running... Je tente de penser à autre chose qu'à le douleur dans mes jambes, j'essaie d'oublier que je suis à bout de souffle et qu'il fait chaud.
600 mètres, mes poumons sont sur le point de rendre l'âme...
800 mètres, bon allez j'ai compris, ça sert à rien, j'arrête, et fuck si je suis pas une vraie New-Yorkaise. Je m'en fous, courir le dimanche matin, quelle idée !?
Je ne pose sur un banc, sors mon appareil photo : « je suis une touriste, et oui, ça vous pose un problème...? ». Comme un bon sportif de haut niveau, absorbée par ma course, je n'avais pas vu que les alentours étaient plutôt sympathiques.

En sortant mon plan, je réalise que je n'ai parcouru qu'1/5 des 2,5 km, alors que j'avais l'impression d'avoir fait 2 marathons de New York... Mes rêves de devenir la prochaine championne olympique de course de fond en prennent un coup. Donc c'est définitif, je ne suis pas faite pour le vélo, ni pour la course. La semaine prochaine, j'essaie la natation !
En attendant mes prochains exploits sportifs, je finis donc mon tour à la marche. Tiens, je ne suis plutôt pas mauvaise en marche...
Mais bon, le dimanche matin, les promeneurs n'ont pas trop leur place dans Central Park. Je suis la seule à ne pas courir, et me sens vite boulet. Dans tous les coins, à pied, à vélo, à rollers, ça s'active, c'est impressionnant, on dirait une fourmilière ! De peur de les gêner et de leur faire perdre du temps, je décide de quitter le parc et de rejoindre Times Square en descendant le Cinquième Avenue... Cette frénésie permanente à quelque chose d'effrayant. Je l'ai déjà dit, c'est ultra stimulant, mais là on est dimanche matin, il fait beau, et je veux juste profiter. J'ai comme l'impression que ma quête d'identité new-yorkaise butte ici : profiter, se poser, ici ça semble vouloir dire perdre du temps...

— Billet extrait French girl in New York.
Un truc à dire ?
Un petit commentaire à lire
Par Lelaina le 10 août 2008 à 13:27
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