Weezer, ça commence le 14 février 1992. Quatre musiciens qui, quelques petits changements plus tard, sont Rivers Cuomo, Brian Bell, Patrick Wilson et Matt Sharp. Ce dernier, le bassiste, sera remplacé après les deux premiers albums par Mickey Welsh, qui laissera lui-même sa place, après avoir participé à l'élaboration du troisième album, à Scott Shriner.
Voici les présentations faites, passons maintenant à la musique, et ce à rebours. 2005 : sortie de leur dernier album, Make Believe. Après la déception qu'avait provoquée leur précédent opus, il faut dire que celui-ci fait un peu remonter le niveau. Non pas que tout y soit merveilleux, mais certains morceaux, c'est une évidence, tel Perfect Situation, Peace, ou encore The Damage in your Heart, sont à classer parmi ceux du groupe qui sont bons. Cependant, il n'y a là rien de bien particulier, rien qui fasse de Weezer le si bon groupe qu'il a pu être.
L'album qui avait valu tant d'appréhension à la parution d'un cinquième disque, c'était le précédent, Maladroit. Est-ce qu'on peut dire qu'il est mauvais ? Pas forcément. Toujours est-il que, voilà, c'est souvent celui qu'on aime le moins, sur lequel on a le moins envie de sauver de chansons. Rivers Cuomo, qui s'occupe d'écrire les paroles, a semblé perdre tout son talent sur ce disque, et c'est bien dommage.
Le précédent, dont est tiré le tube Island in the Sun, a eu un gros succès, notamment grâce à cette chanson. C'est un disque que l'on peut clairement qualifier de frais, gai. Dix chansons, tant de morceaux de pure pop qui ont cette faculté de pouvoir, peut-être, redonner le sourire, égayer un peu. Pas un des meilleurs, donc, mais certainement pas le plus mauvais, cet album qui s'appelait au départ tout simplement Weezer et a vite été rebaptisé, tout comme le premier et à l'image de sa pochette, The Green Album.
Et puis, on passe aux choses sérieuses : 1996, Pinkerton. Celui-ci, à sa sortie, n'a pas eu le moindre succès et pourtant, on ne cesse aujourd'hui d'en reconnaître la valeur, et il le mérite clairement. Dix morceaux, et pas un à jeter. Certes Weezer n'invente rien, le style du groupe n'est certainement pas original et les morceaux sont peut-être assez simple. Mais cet effet, cet effet ! Ces petites perles que sont Pink Triangle, El Scorcho, The Good Life ! Et les paroles… on en parle beaucoup, de ces paroles, écrites à une époque où le plus ou moins leader du groupe allait mal, a mis tout de lui dans chacun de ses morceaux. Et quand on sait quelle plume il a, difficile de résister au charme de ses mots.
Le meilleur pour la fin, donc, ou plutôt pour le début : 1994, l'album Weezer rebaptisé The blue album. Tout comme celui qui le suivra, ou peut-être plus, ce disque est un bijou, un véritable bijou. Chaque morceau est un monde, a ce petit quelque chose de particulier qui, si la musique n'est pas véritablement originale, nous transporte dans un monde à part, dans ce monde où, comme l'écrivait un journaliste du magazine Rock & Folk à la sortie de Maladroit, "le look t-shirt informe / lunettes est de rigueur, et, très important, où la timidité maladive n'est pas rédhibitoire". Ici, chaque chanson a son petit truc qui est terriblement attachant, la mélodie de Say it ain't so, les paroles de The world has turned and left me here… ou l'inverse ? Les paroles et la mélodie de chaque morceau ! Dix, seulement, le temps passe toujours trop vite, sans qu'on s'en rende compte, à l'écoute de ce Blue album. Et Only in Dreams, véritable merveille de presque huit minutes, à part, au sujet de laquelle on pourrait remplir des pages entières. Quand on compare les trois derniers à celui-ci, on ne peut pas aller loin, et cela fait presque rire les membres du groupe qui disaient récemment dans une interview, ironiquement bien sûr, alors qu'on leur reprochait le niveau de certains (citation approximative) "qu'est-ce que vous voulez, on ne peut pas s'excuser d'avoir fait un album merveilleux dès le départ !"
Et pas seulement : moult b-sides, démos, et autres, parmi lesquelles on peut aussi bien trouver de véritables perles. A titre d'exemple, Jamie, Longtime Sunshine… il y en a trop.
Weezer, ce n'est pas Island in the Sun, pas un joli clip avec des animaux. Weezer, c'est tout ça, cet univers terriblement attachant, qu'on retrouve à travers tant de chansons, à travers certains clips, à travers les musiciens eux-mêmes. Ah, Weezer…