Dès 1994, donc, Matt Sharp réunit autour de lui beaucoup de musiciens, dont Patrick Wilson - batteur de Weezer - pour le premier album qu'ils réalisent rapidement, puisqu'il sort dès 1995. Album au titre assez amusant puisque c'est le tout premier du groupe : Return of the Rentals. On y trouve dix morceaux et, chose étonnante, pas le moindre lien avec le premier groupe du leader : ici, difficile de ne pas être étonné à la première écoute, et ce dès le premier morceau, The Love I'm searching for. Pourquoi ? C'est certainement dû à la présence du moog, sur chacune des chansons, qui leur donne un côté presque agressif, à certains moments. C'est peut-être de là que vient le titre, qui donnerait ainsi l'image des membres du groupe arrivant avec leurs dix chansons, non pas vraiment comme un retour, mais comme une surprise, comme s'ils savaient qu'ils nous étonneraient.
Les paroles sont plutôt réussies, quoique toujours dans le même style : amour, fille, envie de tout quitter, attente, et compagnie. Mais, on ne peut pas le leur reprocher, ou du moins à Matt Sharp qui écrit les paroles : c'est toujours efficace, et jamais niais.
Le single qui leur a valu le succès, sur cet album, c'est Friends of P. Qui est P., ça, personne ne le sait. Mais ce qui est sûr, c'est que les paroles de ce morceau sont assez amusantes, de même que la musique. Comme sur tout l'album, en fait. Parce qu'au fil des dix chansons et presque quarante minutes, rien ne change véritablement, on a, peut-être, un peu toujours droit à la même chose. Certes certaines sortent un peu du lot (Friends of P., donc, mais aussi These Days ou d'autres, au choix), mais Return of the Rentals est finalement assez uniforme. Et s'il devient avec le temps peut-être un peu assommant, à petite dose, il reste un vrai plaisir.
Et puis, 1999 : Seven more Minutes. Nouvel album : nouvelle surprise. Ce n'est toujours pas Weezer et, ce n'est plus Return of the Rentals. Le moog est parti, et on trouve ici quinze morceaux presque banals. On croirait quasiment entendre Green Day, à certains moments, comme au début de "Getting by". A nouveau, les chansons se ressemblent presque toutes, à l'exception de My Head is in the Sun. Parlons-en tout de suite : celle-ci est un petit bijou. Plus lente que les autres, les paroles sont très agréables - écrites avec Rivers Cuomo ; bref, elle relève à elle seule le niveau de l'album.
Non pas, cela dit, que le reste soit si mauvais que ça. Certes c'est assez banal, parfois pas vraiment palpitant, mais il y a tout de même pas mal de choses à garder dans ces quelques morceaux de pop. Comme, par exemple, les paroles de The Man with two Brains, assez amusantes, ou encore Say Goodbye forever.
Une fois de plus, donc, de bonnes choses ; mais toujours pas de quoi faire un album parfait ou du moins très bon. C'est peut-être ça, le problème, avec The Rentals. Ils savent faire de bons morceaux, toujours efficaces, mais qui deviennent peut-être un peu lassants, un peu trop vite.
Depuis 1999, on pensait que le groupe était fini, d'autant plus que Matt Sharp s'était lancé dans une carrière solo en sortant un album en 2004. Et pourtant, récemment, le groupe a révélé sur son site officiel la sortie prochaine - courant 2006 - d'un nouvel album. Voilà qui est étonnant… est-ce qu'il sera étonnant, lui aussi ? Quand on connaît le groupe, on peut clairement s'attendre à une véritable surprise, tout comme l'a provoqué cette nouvelle inattendue.