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Terry Pratchett
Né en 1948 sur le sol britannique, Terry Pratchett est de ces auteurs qui ne délivrent aucune information personnelle. Tout au plus se dit-il qu'il élèverait des plantes carnivores et nourrirait une affection particulière envers les orangs-outans. Bref, avec d'aussi maigres renseignements, il n'y avait plus qu'à jeter un œil sur ses (nombreux) romans et tenter d'y trouver l'inspiration… Pratchett est accro aux univers délirants. Pour sa première tentative littéraire, il reste mesuré, et peuple un vulgaire tapis à poils longs de tas de bestioles pensantes. Avec le Disque-Monde en revanche, il voit les choses en grand : il nous pose carrément un disque (avec ses collines, sa mer, ses montagnes, ses deux soleils…) sur le dos de quatre éléphants, lesquels reposent sur la noble carapace d'une tortue (mâle ou femelle, là est la question) dérivant, pépère, dans le cosmos. Pratchett est accro à la dévaluation. Les antihéros en premier lieu : les mages sont des vieillards ignares, les sorcières s'échangent leurs recettes de cuisine au lieu de danser le sabbat, la Mort est has-been et s'ennuie… à mourir, les sages tentent de sauvegarder les apparences, faute de mieux. Et tout ce monde-là s'embarque dans de périlleux périples où il leur faudra faire montre de capacités qu'il est, a priori, difficile de leur soupçonner. Avec Pratchett, les villes ne sont pas enchanteresses, mais sales, puantes et laides. Pratchett est accro à la parodie. Dans son disque-monde, il introduit le tourisme, la naissance de la photographie, puis du cinéma. Il passe en revue l'Egypte ancienne, le rock, les contes de fées, les enquêtes policières. Bref, son œuvre est avant tout un vaste terrain de jeux, on a presque la sensation que chaque roman commence par un pari. Comme : "j'te parie que j'arrive à vendre à mon éditeur un bouquin où la Mort deviendrait un travailleur agricole". Pratchett est accro aux notes en bas de page. On y apprend quantité de choses, notamment que la Mort est de sexe masculin et que c'est comme ça un point c'est tout, mais aussi quelques détails pittoresques sur telle ou telle autre coutume culturelle, et encore des explications sur des notions un peu floues du type l'anti-lumière, l'anti-bruit, ou la rétro-culture. Bref, des trucs indispensables, rédigés sur un ton mi-sérieux mi-potache, à la hauteur du reste des romans. Le lecteur de fantasy est accro à Pratchett. Définitivement.
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