Avec aujourd'hui deux films à son actif et un troisième prévu pour une date qui approche à grands pas, here comeeees Sofia Coppola, fille de monsieur Francis Ford mais que l'on connaît notamment grâce à son style particulier qu'elle réussit à imposer, ce savant mélange de poésie et de douceur qui procure toujours un vrai plaisir.
Quand on dit Coppola, l'écho répond Francis Ford et tout ce qui va avec : Le Parrain, Apocalypse Now, et autres. Ou plutôt répondait, et ce jusqu'à ce que la fille du monsieur prenne plus ou moins la relève, ou du moins se décide à faire le même métier que son père vers trente ans, et ce après avoir effectué des études d'art.
Son premier film, Virgin Suicides, sort en 1999 et est l'adaptation du roman du même nom de Jeffrey Eugenides : cinq jeunes filles, les sœurs Lisbon, qui fascinent leurs camarades de classe notamment après le suicide de l'une d'entre elles. Adaptation, certes, mais finalement fort peu de choses varient de l'un à l'autre. Pour résumer, on pourrait dire simplement que Sofia Coppola s'est contentée de transposer l'histoire, de la mettre en images, et ce de façon à en accentuer la poésie. Car, ce qui est évident, c'est que le film est bien plus poétique et agréable que le roman dont il en a été tiré. Sur une jolie bande originale du groupe Air, se détachent les visages des cinq jeunes filles parfaitement mis en scène par la jeune réalisatrice.
Le second est sorti quelque temps après, début 2004, et a achevé de faire une place à Sofia Coppola dans le monde du cinéma. Lost in Translation cette fois-ci, et toujours autant de poésie au rendez-vous, si ce n'est plus. Deux personnes qui a priori n'ont de commun que leur nationalité, qui se retrouvent perdus dans un hôtel loin de chez eux, seuls et complètement dépaysés, et qui vivent une histoire un peu à part. Une amitié sans trop de mots, une amitié qui se passe avant tout en silence, et qu'est-ce qu'elle est jolie.
Le troisième, Marie Antoinette, est sur le point d'arriver sur nos écrans : automne 2005 très certainement, avec notamment Kirsten Dunst, déjà apparue dans le premier film de la jeune femme. Le temps nous dira ce que Sofia Coppola a fait de son talent.
Quoiqu'il en soit, ses deux premiers films laissent présager de fort bonnes choses. Déjà avec Virgin Suicides, le succès a rapidement été au rendez-vous, ce qui n'a fait que se confirmer par la suite, avec Lost in Translation.
Ce que Sofia Coppola et ses films ont de particulier a parfois déplu à certains. Ce n'est certainement pas la poésie qui est toujours au rendez-vous, que ce soit avec les cinq sœurs Lisbon qu'avec l'histoire d'amitié extrêmement jolie. Cependant, le fait que ses deux films se concentrent justement sur les sentiments, sur des émotions qui la plupart du temps ne sont même pas mentionnées explicitement fait que certains les trouvent, évidemment, ennuyeux. C'est sûr qu'on est loin des rebondissements trépidants et des chutes incroyables. Mais peu importe, il ne faut certainement pas s'arrêter à ces aspects là - qui d'ailleurs ne sont absolument pas indispensables. Les films de Sofia Coppola se passent ailleurs, là où on ne s'y attend pas vraiment, et c'est ce qui est mieux. On est dans le silence des sentiments qui ne s'expriment pas et qui, même, ne se projettent pas nécessairement sur le spectateur. Pas de pathos et pourtant de l'émotion ; par-dessus tout tant ils sont jolis. A suivre.