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Serge Gainsbourg

Le portrait | Fiche complète › Serge Gainsbourg
CatégorieMusicos

Par Stellou , le | Ses articlesSite perso | Envoyer à une amie | Imprimer |

15 ans qu'il est mort et Serge Gainsbourg est toujours aussi vivant dans le paysage musical. Nombreux sont les djeunss artistes français et étrangers à citer son oeuvre (et surtout l'album Histoire de Melody Nelson) comme l'une de leurs influences majeures. Petit rappel du parcours musical de ce personnage fascinant.

Fils d’immigrés russes, Lucien Ginsburg naît à Paris en 1928 dans une famille impregnée d’arts. C’est d’ailleurs son père, peintre et musicien, qui l’initie au piano et le pousse à prendre ses premiers cours de dessin. Et si son nom est désormais indissociable de la musique, Gainsbourg passe les premières années de sa vie le nez dans la peinture, sa passion. Le hic, c’est que ses toiles ne lui permettent pas de gagner sa croûte (un jeu de mots subtil est caché dans cette phrase : pourras-tu le retrouver ?). En revanche, la musique, si.

Alors progressivement, Lucien Ginsburg glisse vers la musique, au détriment de la peinture. Evolution qui ne l’enchante pas vraiment, lui qui ne considère par la chanson comme un art noble. C’est vers la fin des années 50, notamment grâce à sa rencontre avec Boris Vian, que Ginsburg commence vraiment à voir en la musique autre chose qu’un gagne-pain. A peu près à cette époque, il prend son nom de scène, Serge Gainsbourg, compose ses premières chansons,(dont le célèbre Poinçonneur des Lilas), et enregistre ses deux premiers albums.

Le gaillard intéresse la presse et le milieu musical, intrigue les artistes qu’il croise sur sa route (dont Juliette Gréco, pour qui il compose La Javanaise en 1963), mais le public ne suit pas. Il faudra attendre 1965 pour que le vent tourne. Serge Gainsbourg en est alors à son quatrième album, et commence à en avoir ras la glotte de ne pas avoir plus de succès. Lui qui paraît trop « à part » pour plaire au plus grand nombre compose alors Poupée de Cire, Poupée de Son pour la candidate française à l’Eurovision, France Gall. Le tube lui permet de sortir de l’ombre, et le voici qui classe son nouvel album en tête des ventes françaises.

En 1969, après un petit tour avec Brigitte Bardot, (pour qui il écrit Harley Davidson et Je t’aime moi non plus), Serge Gainsbourg tombe sur une nana qui va changer le cours de son existence (ça c’est de la phrase Arlequin, ça) : elle s’appelle Jane Birkin, débarque d’Angleterre pour tourner avec lui le film Slogan, et l’énerve prodigieusement. La suite, on la connaît tous : après s’être accrochés, les deux individus finissent par accrocher et s’installer ensemble. Commence alors une relation artistico-amoureuse qui fera parfois scandale et souvent mouche.

C’est ainsi qu’en 1969, leur version de Je t’aime moi non plus leur vaut ze weurld success : le duo qui sent bon le sexe excite le public (et la censure) un peu partout dans le monde. C’est inspiré par Birkin que Gainsbourg enregistre ensuite Histoire de Melody Nelson en 1971 (un album-concept souvent considéré comme la grande réussite de Gainsbourg), puis  Di Doo-Dah l’année d’après et Ex-fan des sixties en 1977, deux des nombreuses albums composés par Gainsbourg pour Jane Birkin.

En 1976 sort l’album L’Homme à la tête de chou, qui plaît aux critiques mais n’explose pas les ventes d’albums. Ce qui n’est pas le cas d’Aux armes etcaetera., l’album reggae que Gainsbourg sort en 1979. Au niveau musical, ça sent la nouveauté, mais c’est surtout le texte utilisé pour la chanson-titre de l’album qui attire l’attention : il suffit d’un éditorial scandalisé pour que Gainsbourg et son détournement de La Marseillaise se retrouvent au centre d’une polémique qui ira très loin… Et permettra au tube de se vendre encore plus que prévu.

Après sa rupture avec Jane Birkin en 1980, Gainsbourg bosse de plus en plus. Sur un nouvel album (Mauvaises nouvelles des étoiles, disque d’or en 1982), mais aussi pour la pub, pour le cinéma et pour d’autres artistes (Alain Bashung, Isabelle Adjani, Jane Birkin, Alain Chamfort etc)… On commence aussi à le voir de plus en plus à la télé dans le rôle du provocateur imbibé.

En 1984, il sort le fameux Love on the Beat, album sur lequel il innove encore une fois… Et choque encore une fois. Innovation dans le style utilisé, qui annonce le phrasé rap, et scandale dans le texte, notamment sur Lemon Incest, le duo enregistré avec sa fifille Charlotte.

Dans les années qui suivent, Gainsbourg continue à travailler pour le cinéma et pour ses proches (un album pour Charlotte Gainsbourg, des chansons pour Jane Birkin, un album pour Bambou, sa nouvelle compagne etc.), sort avec succès un nouvel album perso (You’re Under Arrest, en 1987) et compose pour Vanessa Paradis (Variations sur le même t’Aime, en 1990). Il continue aussi à enchaîner les apparitions scandales à la télévision, façonnant toujours plus ce personnage de Gainsbarre désormais indissociable de l’artiste. Malgré les nombreux passages à l’hôpital que lui a valu son addiction par le passé, il continue surtout à boire trop. Et c’est peu de temps après avoir mis en boîte une compilation retraçant les moments clés de sa carrière (De Gainsbourg à Gainsbarre) qu’il meurt d’une crise cardiaque dans la nuit du 02 au 03 mars 1991.

Depuis, les artistes de tout poil, français bien sûr, mais pas que (voir Beck, Pulp, Air, The Kills, Stereolab et j’en passe) n’ont cessé de revendiquer l’influence de Gainsbourg sur leur musique. Influence des textes, parfois goguenards (comme sur L'ami Cahouète), parfois sombres, mais toujours farcis de double (voire de triples) sens et de constructions audacieuses. Influence de la musique, bien sûr, sorte de labo perpétuel qui a fermenté des trucs improbables comme des petits bijoux. Influence de l'image que le personnage projetait, surtout. Ce mélange bizarre de dédain et de sensibilité, de culot et de pudeur, de bouffonerie et de mélancolie forcément fascinant...

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