Depuis quelques mois, la presse musicale britannique fait la part belle à un groupe au nom rigolo : les Arctic Monkeys. Tu parles, Charles : en un temps record, ces djeunss de Sheffield sont devenus le nouveau "phénomène" musical Outre-Manche. Et la France les attend de pied ferme. Hin hin.
Quand je parle de "phénomène", ça n'est pas parce que j'aime enfiler les clichés journalistiques (quoique). C'est vraiment parce que là-bas, on a rarement vu un groupe convaincre aussi vite le public et la presse à la fois. Le premier album du groupe, Whatever people say I am, that's what I'm not (tout un programme) fait sensation en Grande-Bretagne, quelques jours à peine après sa sortie. Les Arctic Monkeys étaient déjà sur toutes les lèvres longtemps avant que ce coup d'essai ne sorte, mais les résultats de l'album viennent apporter une nouvelle pierre à l'édifice We Love Arctic Monkeys. Pense donc : on parle déjà de rupture de stocks, de ventes records frôlant le million d'exemplaires... Bref, il se passe quelque chose.
Tout semble s'emballer pour ces quatre tous jeunes musiciens qui se sont fait connaître du grand public sans l'aide d'un label, en distribuant gratos leur musique à l'occasion de leurs concerts. Le web et le bouche-à-oreille ont fait le reste, le public faisant circuler leur musique sur le web, pendant que le groupe se construisait une réptutation de bête de scène.
C'est en effet par le cocktail scène+buzz que les amateurs de musique ont commencé à se passer les enregistrements du groupe avec de plus en plus de frénésie, en 2004. Les apparitions en live alimentant la presse et les téléchargements, eux-mêmes alimentant leurs concerts et les analyses de la presse musicale... Jusqu'à ce que la hype soit telle que personne ne puisse plus passer à côté : quand un groupe qui n'a que deux ans d'existence se paie le luxe de faire salle comble devant des foules déchaînées venues parfois de très loin, quand le public qui se presse aux concerts connaît la moindre démo par coeur, et ce, sans l'aide d'aucune maison de disque, forcément, on se pose des questions.
Réticent au début, le groupe, dont les membres ont à peine 20 ans, a tout de même fini par signer avec le label Domino (qui distribue des artistes comme Franz Ferdinand et The Kills) en juin 2005. Tout est ensuite allé encore plus vite : I Bet You Look Good On The Dancefloor, leur premier single, sorti en octobre 2005 est devenu n°1 des charts immédiatement... Tout comme le deuxième single, When the Sun Goes Down. Et ce n'est certainement pas juste dû à un effet de mode.
Il suffit de jeter une oreille à leur musique et surtout, de lire les textes qu'ils ont pondus, pour se convaincre qu'il y a là si pas un gros vent de nouveauté, du moins un groupe qui rafraîchit le tympan. Une musique pleine de pêche, un peu rétro, mais pas trop, speedée au point d'essouffler l'impudent qui oserait chanter/danser dessus (voir I Bet you look good on the dancefloor, par exemple, mais aussi From the Ritz to the Rubble). Un son étonamment mur, surtout si on considère que le groupe n'existe que depuis 2002. Quant à leurs textes, qui vont d'un clin d'oeil à Roxanne, de Police (When the Sun goes Down) à une chronique de concert imaginaire (Fake Tales of San Francisco). ce sont autant de polaroïds de la vie dans ce qu'elle a de plus terre-à-terre, mais des polaroïds d'une précision bluffante. On verra si le groupe dure, s'il résiste à tout ce tintamarre, si leur musique tient la route... En attendant, ils passent au Trabendo à Paris le 24 février et s'il reste des places, tu ferais mieux d'y aller...
Le site officiel du groupe
Quelques lives