Être belle au pays des Miss Monde – Carte postale du Venezuela

Pour les Vénézueliennes, la beauté est un objectif important. Elles sont toujours bien apprêtées, maquillées, et hors de question de faire une course en pyjama !

Être belle au pays des Miss Monde – Carte postale du Venezuela

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Bien, maintenant attaquons le sujet ! Les Vénézulien-ne-s de manière générale sont très patriotiques ; ils et elles sont très fier-e-s de leur pays, et encore plus des femmes de ce pays ! En effet, le Venezuela détient le record de Miss Monde, et se trouve en deuxième position du plus grand nombre de Miss Univers. Ici, la beauté est une tradition, une institution, même ; chaque année, l’élection de Miss Venezuela est très suivie, et il existe tout un tas d’écoles spécialisées dans le pays pour apprendre à être miss, à se mettre le plus en valeur et à mettre toutes les chances de son côté.

Alors, si vous comptez venir au Venezuela, voici quelques conseils mode et beauté pour se fondre dans la masse…

Déjà, les filles sont toujours nickel : pas de peau grasse, pas de petit bouton non dissimulé, pas de cheveu gras… Et très souvent, elles sont bien maquillées, de façon visible. Sans pour autant forcément se plâtrer le visage, le but est justement de montrer que l’on s’est fait belle, que l’on s’est mise en valeur. En général le matin pour aller au boulot, je me mets un peu de BB cream, un peu de crayon marron autour des yeux, et du mascara. Et mes collègues un jour m’ont dit : « Pourquoi tu ne te maquilles jamais ? »… Euuuuh… De la même manière, les ongles et les cheveux seront toujours parfaits : manucure, brushing nickel (ou les cheveux lissés, étant donné les racines africaines assez présentes dans le métissage local), pas de petit frisottis, pas de marque d’élastique ! Les salons de beauté sont une tradition et ne désemplissent pas le week-end.

Et du coup, dans pas mal d’occasions, je me suis un peu sentie débraillée… Le look faussement négligé, ça n’existe pas. Les « buns » faits à la vite, ça n’est pas mignon. Les jours où tu sors avec les cheveux légèrement gras en te disant « Boh, ça ira pour aujourd’hui, je me fais un chignon et voilà », tu as l’impression d’être la pire des souillons ! Même en allant au supermarché en bas de chez moi ou au Castorama du coin, je me suis parfois sentie complexée. Et même pour aller faire du sport, les Vénézueliennes se soignent. Elles ne seront pas forcément super maquillées, mais certaines se maquillent ou portent quand même quelques bijoux, et elles auront une super tenue de sport, une belle queue de cheval bien lisse, etc.

Donc, règle de base : on prend soin de soi. Ensuite, pour se faire belle, on met en valeur sa féminité. Et ici, la vision de la féminité est encore assez traditionnelle. On va donc miser, de manière plus ou moins exacerbée selon le choix de chacune, sur les éléments « clés » de cette féminité :

  • Les cheveux sont très souvent portés longs, la plupart du temps lâchés (même avec la chaleur qu’il fait ici, je ne comprends pas !), et ils sont nickel, comme je vous le disais plus haut.
  • Les décolletés sont profonds et totalement assumés – surtout si on a des gros seins ! Ici, les formes sont plus qu’appréciées, la chirurgie esthétique est très développée, et un certain nombre de filles se font refaire la poitrine. Certaines filles se feraient même offrir l’opération pour leurs 15 ans (la fête de « quinceañera », marquant l’entrée dans la vie de femme) !
  • On porte du moulant, de haut en bas, quelle que soit sa corpulence.
  • Les talons sont de rigueur, et bien hauts, type plateforme : quand je vois l’état des trottoirs, j’en admire plus d’une !

 À noter que le week-end, on voit moins de talons. On sent qu’on est un peu en mode off.

  • On porte des bijoux (mais fantaisie, pas précieux, pour ne pas risquer de se faire voler) : boucles d’oreilles, colliers, bracelets, bagues…
  • En revanche, peu de jupes : la majorité des filles portent des pantalons ; déjà par commodité, et parce que finalement on se fait plus embêter en jupe ou robe, déjà que les hommes ne sont pas timides ! Donc elles oseront plus porter des jupes quand elles sont en voiture et/ou accompagnées de leur copain, ou en soirée.

Dès le plus jeune âge, les filles sont bien soignées et très « féminines » (je prends encore des pincettes pour utiliser ce mot…) : on leur perce les oreilles dès la naissance, et plus tard quand elles vont à l’école, elles ont toujours les cheveux bien coiffés, voire avec des coiffures complexes à base de tresses, avec toutes sortes de barrettes et rubans multicolores (alors qu’ici l’école commence à 7h du matin, les mamans ont donc le courage de coiffer leurs filles très tôt).

Et enfin, tout se joue dans l’attitude : les Vénézuéliennes ont vraiment une manière altière de marcher, le menton haut, le dos cambré ; on sent qu’elles sont dans la place !

Notons que de leur côté, ces messieurs ne sont pas du genre à se pomponner ou passer des heures devant leur glace : en général, aucun effort particulier n’est fait. Mais les hommes aussi seront toujours propres : il est très rare que quelqu’un sente mauvais, même après le sport !

La beauté, le fait d’être (et de se faire) belle, est lié à la séduction : les filles font preuve de pas mal de coquetterie pour se faciliter la vie au quotidien. Elles sont loin d’être des potiches, et ne se privent pas de minauder pour obtenir ce qu’elles veulent. Mais être belle fait aussi partie du plaisir fondamental de plaire, de charmer les hommes, et dans ce sens, il y a beaucoup de concurrence entre filles : pour un peu que tu te sois mise sur ton 31, tu risques de te faire toiser des pieds à la tête par une nana qui passe, car le but est d’être la plus « remarquable » au sens propre, celle qui va le plus attirer les regards et les piropos.

La mannequin vénézuélienne Dayana Mendoza, élue Miss Venezuela en 2007 et Miss Univers en 2008.

Le piropo, kesako ?

Il s’agit d’un terme qui désigne les remarques et sifflements des hommes dans la rue quand une fille passe. En général, ce terme est plutôt affectueux, coquin, c’est un jeu accepté par les deux parties, et on entend plus de compliments que de remarques salaces : c’est bien différent du harcèlement de rue plus agressif qu’on peut ressentir dans d’autres pays par exemple ! Ça serait l’équivalent du « ton père c’est un voleur, il a pris les plus belles étoiles du ciel et les a mis dans tes yeux », sauf qu’ils ne se prennent pas du tout au sérieux, et parfois tu te retrouves à vraiment rire de ce qu’ils peuvent te sortir ! Chacun rivalise d’imagination pour trouver le jeu de mots flatteur et original. Un vrai exercice de style ! Et ici pas de relou qui te colle aux basques, les hommes font juste une remarque quand tu passes, mais jamais ils ne te poursuivront pour avoir ton 06.

Comme je le disais, ce jeu, ce sport national est accepté et même apprécié par les deux parties : les hommes lancent toutes sortes de remarques, et s’amusent à voir la réaction des filles ; et de leur côté, les femmes se sentent flattées, et se servent des remarques comme d’un baromètre de leur beauté au quotidien ; une amie me disait qu’elle savait les jours où elle était « mal » habillée parce qu’on lui faisait moins de remarques dans la rue. Évidemment, parfois il y a des remarques moins agréables que d’autres, qui dérivent vers le franchement salace et dénigrant pour la fille, mais du coup ça n’est plus du piropo. D’où les pantalons, pour éviter que le « jeu » dérape et devienne trop insistant, voire insultant.

Au début, cette féminité outrancière, tape-à-l’œil avait tendance à m’irriter, à me faire penser qu’elles en faisaient beaucoup trop, que ce n’était que des artifices (peut-être par jalousie, par un instinct primaire de compétition), mais après avoir passé du temps ici, je commence à voir les choses différemment, et je trouve que ces femmes montrent une sincérité extrême, et qu’elles assument totalement qui elles sont : elles ne cherchent pas à cacher, mais à montrer. Elles semblent dire « Oui je me suis fait belle, oui j’ai envie de montrer mon corps, oui j’ai des seins (éventuellement refaits), et alors ? ».

Et en plus de ça, la société vénézuélienne accorde une grande place à la femme : il s’agit d’une société matriarcale, où la figure de la mère est très respectée ; et au-delà du rôle de mère, la femme en général n’est pas enfermée dans la simple beauté, dans le « sois belle et tais-toi », ni dans « trouve-toi un mari » ; les femmes ici ont du caractère, elles sont plutôt indépendantes, et on trouve un bon nombre de femmes à des hauts postes tant dans le secteur public que privé.

Et toi, tu en penses quoi ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Marlo13
    Marlo13, Le 17 novembre 2013 à 15h46

    Je vis à Rio depuis 4 mois et je me suis amusée à lire ton article en remplaçant le mot "Vénézuélienne" par "Brésilienne". Ça colle très bien.
     2 seules différences notables ici : les hauts-talons sont pas trop de mise, à Rio c'est plutôt Havaianas ou ballerines; et le fait que les garçons paraissent prendre + soin d'eux ici. Filles comme garçons sont accros aux salles de sports et anabolisants, donc pas trop d'inégalité de ce côté-là.

    A part ça, le salon de beauté est la 2ème maison de toutes les cariocas. On m'a déjà regardé bizarrement quand j'ai dit que je me faisais les ongles moi-même, et on m'a même dit "Oh, c'est trop rigolo ! Tu as des cuticules, comme les enfants !".

    Pareil pour les cheveux, mes copines brésiliennes ont l'air de trouver ça étrange que je ne me recoiffe pas sur la place, après m'être baignée. ("euh, j'en vois pas l'interêt, je suis sur la plage trankillou, on s'en fout un peu de mes chvx, non ? :shifty: ")

    Quant aux formes, ici il est hyper fréquent de voir des filles aux seins et fesses refaites. La chirurgie pour avoir des fesses supra rebondies est-elle aussi de mise au Vénézuela ?

    En tout cas merci pour ton article, les ressemblances entre ces deux pays m'ont frappé.

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