J’ai testé pour vous… être fille au pair aux USA

Vivi vient de passer un an dans une famille américaine pour s'occuper de leurs enfants. Entre rêves et réalités, elle vous donne tous ses conseils pour réussir cette expérience.

J’ai testé pour vous… être fille au pair aux USA

Je suis fille au pair en Virginie depuis un an et j’ai décidé de prolonger l’expérience d’une année supplémentaire. Je vis avec un couple de deux mamans et leurs deux enfants qui ont maintenant 19 mois.

J’ai décidé de partager mon expérience et de vous exposer les côtés négatifs et positifs de celle-ci. Mon but n’est pas de décourager votre envie de devenir au pair, mais de faire la part des choses entre l’American Dream et la vie d’une au pair !

Je crois que je ne m’avance pas en disant que la plupart des personnes qui s’engagent en tant qu’au pair aux USA ont pour motivations principales de voyager et d’améliorer leur anglais. Eh oui, s’occuper de petits monstres américains rentre rarement dans le top 3 mais c’est pourtant ce que vous ferez la plupart de votre temps…

« Elle dit qu’elle veut pas rester seule. »

Comment devient-on au pair ?

Il existe plusieurs moyens mais le plus safe et le plus répandu est de passer par une agence. Il en existe une multitude, mais je dirais que les plus connues sont Cultural Care Au pair, AuPairCare et Euraupair.

Vous allez également devoir remplir quelques conditions : avoir entre 18 et 26 ans au moment du départ, avoir une expérience significative avec les enfants, accepter de travailler 45h pour 200$ par semaine, et surtout accepter de quitter vos proches et votre quotidien pour une année complète. Cette dernière condition n’est pas facile à vivre, mais en ce qui me concerne je n’ai pas trop de mal — et Internet y est pour beaucoup ! Je discute énormément avec mes amis et ma famille via Skype ou Facebook.

La distance a également du bon si vous voulez « faire le tri » ; on voit rapidement les personnes sur lesquelles on peut vraiment compter ! Mais attention, ce n’est pas parce que les gens ne vous donnent pas des nouvelles chaque semaine qu’ils ne pensent pas à vous. J’ai également eu la chance de rentrer au Plat Pays pour deux semaines de vacances, et si c’était très intense, en même temps c’était comme si je n’avais jamais quitté mes proches !

Lorsque votre dossier est accepté par l’agence, celui-ci est mis en ligne et de potentielles familles d’accueil peuvent commencer à vous contacter. Eh oui, ça a un peu des airs de Meetic dit comme ça… Je pourrais entrer plus dans les détails de la procédure, mais ce n’est pas le sujet et vous pouvez trouver des réponses à vos questions sur des sites comme celui-ci.

Choisir sa famille d’accueil

Le choix de la famille d’accueil est vraiment très très très (j’insiste !) important. Bien que la culture soit à priori différente, vous devez vous sentir à l’aise les membres de cette famille car vous allez partager le même toit pendant toute une année ! Alors imaginez si vous n’osez même pas sortir de votre chambre de peur de les croiser… Il est donc préférable de choisir une famille ayant un style de vie proche du vôtre.

Faire ce choix en fonction du lieu où ils résident n’est pas une bonne idée. On est bien d’accord, la perspective de vivre un an à Manhattan est bien plus excitante que celle de vivre en plein milieu du Delaware… Mais ne faites pas du lieu la priorité ! Par contre, ne négligez pas pour autant la question. Si vous êtes une vraie citadine, il vous sera bien difficile de vous adapter à la vie dans les « suburbs » et selon où vous échouez, il faut parfois faire des kilomètres pour atteindre la civilisation la plus proche .

J’habite à une heure du centre de Washington et je peux vous dire que ce n’est pas facile tous les jours, car là où je vis, ça a beau ressembler à Wisteria Lane , il n’y a que des habitations et un shopping center, donc pas beaucoup de moyens de se divertir… Heureusement, ma famille me donne accès à une voiture durant mon temps libre.

J’avoue avoir eu beaucoup de chance d’être tombée sur des gens comme ces deux mamans. Elles me considèrent comme un membre de la famille, je suis un peu « la grande sœur » de leurs enfants. Certes, ce sont mes employeurs, mais nous avons une relation très amicale et elles m’invitent régulièrement à participer à leurs activités en soirée ou le week-end.

Le fait que nous n’ayons que six ans d’écart aide beaucoup ! Vivre au sein d’une famille homoparentale n’est pas encore très courant et bien des personnes sont surprises lorsque je leur explique ma situation, donc les questions fusent. Ce n’est pourtant pas bien différent de la vie avec une famille hétéro, mais cette situation intrigue toujours les gens !

Le choix doit se faire aussi en fonction des enfants. Les activités que vous ferez et votre emploi du temps varieront grandement en fonction de l’âge et du nombre d’enfants dont vous vous occuperez. Votre fonction peut se résumer à celle de taxi ou au contraire à mère au foyer. Cette dernière implique donc de rester à la maison la plupart du temps, et comme c’est mon cas, je peux vous dire que ce n’est pas tous les jours facile !

Mes journées sont très routinières : je travaille en général de 8h à 17h30. Les enfants ne vont pas encore à l’école donc je passe la journée entière avec eux, et cela se résume à prendre soin d’eux et à effectuer des tâches ménagères telles que la lessive, le nettoyage des jouets, le rangement et nettoyage de la chambre, la préparation des repas, etc.

EASY !

Ces tâches sont strictement liées aux enfants, mais de moi-même je passe fréquemment l’aspirateur, vide le lave-vaisselle ou prépare le repas du soir, car après tout je vis ici et c’est tout naturel de participer aux corvées. Je passe donc la plupart de la journée à la maison, mais il m’arrive d’avoir des activités à l’extérieur avec les enfants comme des play dates ou une journée au zoo par exemple.

N’ayant pas de voiture tous les jours, ce n’est pas évident. Je les emmène souvent à l’aire de jeux proche de la maison. Ils ont beaucoup d’énergie à cet âge et requièrent donc beaucoup d’attention ; je passe des heures sur le tapis de jeu à essayer de les divertir.

Si vous voulez vraiment améliorer votre anglais, il sera plus judicieux de faire le choix de travailler avec des enfants de plus de quatre ans car c’est avec eux que vous passerez la majorité de votre temps, et votre anglais n’évoluera que si vous le pratiquez ! Me concernant, il n’aurait jamais évolué si je n’avais pas rencontré des amis anglophones…

Les enfants n’avaient que six mois à mon arrivée, et même maintenant leur vocabulaire est très restreint. De plus la famille a demandé que je leur parle en français. J’espère vraiment être en train de contribuer à ce qu’il soient un jour de parfaits bilingues français-anglais. Pour l’anecdote, le premier mot de l’un des enfants était « tête » !

L’aspect « voyage »

Pour voyager, vous aurez besoin de temps et d’argent. Une au pair gagne en moyenne 200$ par semaine et a officiellement deux semaines de congé par an. Certes, vous êtes logée et nourrie, mais Ryanair n’existe pas ici, et le prix des billets d’avion coûte donc en moyenne 250$ aller-retour, et le prix d’une bière est d’environ 5$ (sans le pourboire de rigueur) ; si vous aimez voyager et faire la fête, la note risque d’être salée.

Il y a toujours moyen de réduire les coûts en utilisant Megabus et en buvant… de l’eau ! Mais vous pouvez également essayer de trouver une famille d’accueil qui voyage beaucoup et les accompagner. J’ai eu la chance de visiter Los Angeles pendant six jours tout en étant nourrie, logée et payée !

Notez qu’une famille qui a le petit dernier en route ou qui prévoit d’acheter une maison dans le courant de votre année au pair voyagera sans doute moins…

Pour ma part, j’ai la chance d’être en congé tous les week-ends et lors des « public holidays », ça me laisse donc du temps pour explorer la région ou partir en city trip ! J’ai eu la chance de découvrir Chicago, Austin, New York et Montréal. Certaines au pair voyagent plus, d’autres moins… Cela dépend aussi beaucoup du budget de chacune. Beaucoup ont pas mal d’économies avant le départ pour les États-Unis, ce que je vous conseille si votre but est de voyager !

Avoir une vie sociale

C’est assez nécessaire puisque vous ne serez donc pas en road trip tous les week-ends, et à moins que vous ne soyez une ermite, vous aurez besoin d’avoir votre vie à vous en dehors de la famille. Pour cela, il y a les autres au pairs de votre région que vous rencontrerez au cours de meetings organisés par votre coordinateur.

Mais si comme moi vous avez envie de rencontrer des locaux, il vous faudra faire preuve d’un peu d’audace et oser aller à la rencontre de personnes que vous ne connaissez pas et qui ne parlent pas votre langue maternelle.

J’ai rencontré beaucoup de monde via Meetup et CouchSurfing. Ces personnes m’ont présenté d’autres amis, et de fil en aiguille je me suis créé un réseau social.

Et qui sait, peut être que vous rencontrerez un boyfriend ou une girlfriend ! En ce qui me concerne, je vous le déconseille pour la simple et bonne raison que lorsqu’on est loin de ses proches, ce genre de relation prend une importance encore plus grande que lorsqu’on est dans son propre pays, et s’il y a rupture c’est beaucoup plus difficile à gérer.

De plus, le « dating » est un casse-tête ! Lorsque vous avez rendez-vous avec un-e « prétendant-e », cela s’appelle donc un « date ». Les règles ne sont pas évidentes à comprendre ; par exemple, ce n’est pas parce que le rendez-vous se conclut par un « bisou » que vous êtes officiellement ensemble. Vous n’êtes pas une « girlfriend » mais une « date », jusqu’à ce que l’un de vous se décide à exprimer son désir d’être officiellement en couple… Ça vous paraît compliqué ? Vous avez raison, parce que les Américain-e-s eux/elles-mêmes parviennent à s’y perdre.

En conclusion, être au pair aux USA n’est pas une production hollywoodienne, mais cette expérience restera l’une des plus intenses de ma vie, et elle m’apporte énormément ! Je pense juste qu’il ne faut pas avoir de fausses attentes, et avoir conscience que l’on part pour un travail et non une année sabbatique. Et qui sait, peut être aussi que certains de vos rêves se réaliseront…

Vous pouvez en lire plus sur l’expérience de Vivi sur son blog !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Vespertina
    Vespertina, Le 10 mars 2015 à 2h33

    MsOriginalDoll
    Ca me donne vachement envie, franchement, ça fait bien un ou deux ans que j'y penses sans osé franchir le pas. Par contre, j'ai une question : quand tu dis "une expérience significative avec les enfants", tu parles d'un diplôme ?!
    J'arrive super en retard, j'en ai bien conscience, mais tant pis ^^ Je pense pas qu'il y ait besoin d'un diplôme, mais si dans ta vie tu as déjà fait du babysitting, et que tu as de petit/e/s frère/s / sœur/s, c'est un plus.
    J'adorerais faire jeune fille au pair, malheureusement j'ai pas vraiment d'expérience avec les enfants :sad: Je comprends qu'il faille absolument de l'expérience pour les plus jeunes, mais si ce sont des enfants de plus de 10 ans, je me sentirais quand même capable de gérer.

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