J’ai arrêté Erasmus en cours d’année et ça été la meilleure décision de ma vie

L'année Erasmus est souvent perçue comme une année enrichissante et mémorable de la vie étudiante. Pour Raphaëlle*, ça n'a pas été le cas.

J’ai arrêté Erasmus en cours d’année et ça été la meilleure décision de ma vie

*Le prénom a été changé.

Le semestre dernier je suis partie en Erasmus.

Depuis ma première année de licence, même plus tôt, je voulais le faire. Me voilà donc en dernière année, à faire toutes les démarches pour aller passer « l’année de ma vie ! » en Erasmus.

Après les démarches administratives, les imprévus mais toujours une certaine excitation, me voilà partie et j’atterris à Galway, une petite ville de l’Ouest Irlandais.

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Premiers jours d’Erasmus heureux

Les premières semaines, après la galère du logement, c’est la folie ! La folie des débuts !

J’enchaine les soirées, les rencontres, je vis et j’aime ça.

Je voyage, j’en prends plein les yeux et plein le cœur mais aussi je prends bien la pluie, ce n’est décidément pas un mythe !

Après ces quelques semaines de folie, le soufflé commence à retomber et le rythme des cours commence à s’intensifier.

J’ai toujours été une élève relativement studieuse qui a envie de réussir, ce qui fait que je décide de moins sortir (aussi parce que même si la pinte est moins chère je ne suis pas Crésus).

Et à ce moment je dois faire face aux regards des autres et à leur surprise :

« Mais qu’est-ce que tu fous ? C’est Erasmus, éclate-toi ! Le reste on s’en fout »

Mais moi je ne pouvais pas, je n’y arrivais pas, je ne le voulais pas.

Le moral qui plonge pendant l’Erasmus

Mon moral commence à baisser, baisser de plus en plus.

J’ai commencé à arrêter de sortir car je ne me sentais pas à ma place, j’ai commencé à ne voir des gens que pendant les cours et à rentrer rapidement et directement chez moi après.

J’ai vécu l’incompréhension de mes ami·es Erasmus qui ne comprenaient pas pourquoi je ne sortais plus, qui ne comprenaient pas mon changement d’attitude.

Changement que j’étais incapable d’expliquer. J’étais complètement dépassée par la situation, de plus je ressentais une certaine honte de vivre ça.

Je voulais tout arrêter, je voulais partir loin, je voulais être seule perdue dans la montagne.

J’ai eu la chance d’avoir les meilleures colocataires du monde qui m’ont soutenue et accompagnée tout ce temps.

Avec elles, j’ai passé de super soirées, elles qui m’ont fait rire jusqu’à en pleurer et qui m’aidaient à avoir de beaux moments.

J’ai eu la chance d’avoir mes parents qui, malgré la distance, étaient présents. Bien que parfois c’était dur pour eux de comprendre pourquoi leur fille les appelaient tous les matins en pleurs.

Le vase déborde

Puis je suis arrivée à un point où je ne pouvais plus, où c’était trop pour moi ! Même aller faire mes courses devenait une épreuve, tout était difficile.

Je ne tenais plus, j’étais constamment épuisée.

Tous les matins, j’étais assaillie par une angoisse très forte. Je redoutais mes réveils et donc mes nuits.

C’est à ce moment-là que j’ai pris la décision d’arrêter cette expérience. Je voulais tout arrêter tout de suite !

Je souhaitais fuir ce supplice, je ne voyais pas d’autres solutions que de tout arrêter.

Un soir, mon père m’a appelée. Je lui explique ma décision et il me répond :

« Ok, tu peux arrêter ton année mais finis ton semestre. Peu importe tes résultats, fais ce que tu peux mais fais-le !

Et après tu rentreras fière de ce que tu auras accompli. »

C’était dur, très dur d’entendre ça.

Aujourd’hui je le remercie car grâce à lui je me suis bougée et j’ai réussi à valider ce semestre avec des notes qui m’étonnent encore.

La décision à la fin du semestre Erasmus

J’ai finalement pris la décision de m’arrêter à un semestre. Et cette décision a été l’une des plus dure que j’ai eu à prendre jusqu’à aujourd’hui.

J’avais l’impression d’échouer, de ne pas être comme les autres, j’avais honte.

C’est toujours un point sensible aujourd’hui car si je n’ai jamais douté ni regretté ma décision j’ai parfois l’impression d’avoir essuyé un échec.

Un jour où j’étais perdue et où je ne savais pas quel choix faire quelqu’un m’a dit :

« Qu’est-ce qui est le plus dur dans ta situation ? Rester pour être mal et ne pas profiter de ton année ? Ou rentrer et faire le choix d’arrêter quelque chose que tu as commencé ? »

J’ai fait ce choix en pesant le pour et le contre et aujourd’hui j’ai repris mes études en France, avec un rythme plus soutenu qu’en Erasmus.

Retour en France et soulagement après Erasmus

Depuis, petit à petit, je ressors faire la fête, j’essaie de reprendre le sport et je voudrais faire du théâtre.

Je suis une thérapie afin d’essayer de comprendre et de faire en sorte que cela ne se reproduise pas ou que je puisse y faire face autrement.

Pendant tout ce temps je me suis cachée, j’ai essayé de ne pas en parler à mes ami·es. Je ne voulais pas qu’ils sachent dans quel état j’étais.

J’avais honte.

Aujourd’hui encore je ne suis pas capable de leur dire, de leur expliquer car je ne connais pas les raisons de mon état mais ce que je retiens c’est que toutes et tous m’ont toujours soutenus.

Ils et elles ont toujours été là même sans savoir ce qui m’arrivait.

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C’est grâce à eux et elles et peut-être aussi pour eux, pour les remercier, qu’aujourd’hui je me bats pour aller mieux.

Les moments de déprime sont toujours présents et je sais que j’ai la force de les surmonter. Je sais aussi désormais que je peux faire des choix et les assumer face aux personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas comprendre.

Ce n’est pas un chemin facile mais la vie est belle et chaque jour je m’efforce de profiter des bons moments.

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JulietteGee


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Commentaires
  • Ju-
    Ju-, Le 1 novembre 2018 à 11h51

    @the9th : courage, j'ai beaucoup voyagé, ca c'est toujours bien passé mais Shanghai j'ai détesté y vivre. Il faut accepter qu'on vit une relation avec les villes qu'on habite : parfois c'est l'évidence, des fois ca ne colle juste pas.

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