60% des animaux sauvages ont disparu depuis 1970, mais il reste de l’espoir

Les animaux disparaissent, (pas si) doucement mais sûrement... à moins que l'on ne relève la barre in extremis ?

60% des animaux sauvages ont disparu depuis 1970, mais il reste de l’espoir

Quand j’étais petite, chez moi, il y avait un paquet d’hirondelles.

Elles avaient investi une grange, dans laquelle elles faisaient leurs nids, et à une certaine période de l’année, le bâtiment se remplissait des piaillements des oisillons.

Par dessus tout, j’adorais admirer le ballet volant des parents qui entraient par les fenêtres cassées, nourrissaient leur progéniture, avant de s’en aller chercher quelques autres vers à leur donner.

Aujourd’hui, le nombre de nids et le nombre d’hirondelles ont largement diminué. Jusqu’à il y a peu, je n’arrivais pas à me faire une raison, à comprendre.

Et puis je suis tombée sur cette étude, qui explique que les oiseaux disparaissent de nos campagnes.

Les animaux sauvages disparaissent

Ça m’a fait un choc. Le même genre de choc que j’ai eu en lisant tous ces titres sur les animaux sauvages, ce matin :

En effet, dans son rapport Planète vivante 2018, WWF indique que les populations d’animaux vertébrés – c’est à dire mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons – ont diminué de 60% depuis 1970.

Cité dans Le Monde, Pascal Canfin, le directeur général France de l’ONG, explique que « cette étude confirme que notre planète est en train de subir la sixième extinction de masse ».

Je sais. Ce n’est pas un scoop. C’est le genre d’infos dont on est régulièrement alarmés, il y a un peu plus d’un an, moi-même j’écrivais déjà ces lignes : « Des chercheurs alertent sur la sixième extinction de masse des animaux ».

Mais il est important de le répéter pour en avoir conscience, pour constater que pour l’heure le phénomène ne ralentit pas. Pour rappeler que les rhinocéros et autres gorilles sont loin d’être les seules espèces concernées.

L’histoire de « mes » hirondelles en est une illustration.

6ème extinction de masse : est-il encore possible de la stopper ?

Cette diminution alarmante des populations d’animaux sauvages est due en majeure partie à la perte d’habitat due à l’agriculture et à la surexploitation, selon le rapport de WWF.

S’ajoutent à cette raison principale d’autres facteurs :

« Les espèces envahissantes constituent une autre menace fréquente. Leur propagation dépend fortement d’activités liées au commerce, le transport maritime entre autres.

La pollution et les perturbations diverses, par le biais de l’agriculture, des barrages, des incendies et de l’exploitation minière, sont des sources supplémentaires de pression.

Le changement climatique joue un rôle croissant et commence déjà à avoir un effet sur les écosystèmes, les espèces, et même au niveau génétique. »

Pourtant, le rapport de WWF conclut sur une note optimiste : il serait en théorie encore possible d’inverser la tendance, de préserver les écosystèmes et la biodiversité – si les bonnes politiques de préservation étaient mises en place.

Plusieurs rendez-vous internationaux seraient ainsi l’occasion de d’imaginer de grandes lignes de conduite : la 7e conférence de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la 15e conférence mondiale sur la biodiversité…

Ce rapport incite donc à sensibiliser les dirigeants internationaux, à provoquer une prise de conscience. L’un des arguments auxquels ils pourraient être sensibles – même si cela me semble tristement cynique – est l’impact de ces changements sur la prospérité économique :

« À l’échelle mondiale, on estime que la nature fournit des services d’une valeur égale à environ 125 000 milliards de dollars (US) par an. »

Que faire à ton échelle pour sauver les animaux sauvages ?

En étant réaliste, tu te dis sans doutes que tu ne peux pas changer grand chose, à ta petite échelle, à la disparition des animaux sauvages.

Mais la prise de conscience collective découle pourtant de la prise de parole individuelle.

Et si tu souhaites agir concrètement dans ton quotidien, voici une liste d’articles non-exhaustive qui peuvent t’y aider :

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À lire aussi : Militer pour le climat, c’est danser sur le fil entre espoir et désespoir

Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires
  • Cépamoi
    Cépamoi, Le 31 octobre 2018 à 22h22

    @Mar.S.
    Non, je ne l'ai pas pris pour moi :d
    En fait, ce qui me pose problème, c'est que se renseigner, avoir internet (et le temps/les ressources pour aller dessus), le bio, le zéro déchet reposent déjà sur des privilèges sociaux, culturels et/ ou économiques la plupart du temps.
    Alors soit ce sont des privilégiés qui culpabilisent des personnes qui ont déjà du mal à mobiliser de l'énergie pour vivre parce qu'elles sont dans la survie (physique et /ou psychologique) , soit ce sont des personnes qui ne sont pas privilégiées mais qui déplacent la notion de méritocratie du travail à ces optiques ecolo: elles ont réussi à se renseigner et à s'organiser, tout le monde peut le faire et tant pis si au passage on reproduit ce dont on a souffert (ou souffre encore sur d'autres plans).
    Quel que soit le cas, ce sont toujours les mêmes à qui on s'en prend.
    La consommation est politique et c'est parce qu'elle est politique qu'elle est multi factorielle. Je trouve qu'on l'oublie souvent.

    Il y a aussi autre chose. Je vais faire un parallèle hasardeux mais pour moi, c'est comme le succès du développement personnel qui fait glisser la responsabilité du bonheur individuel de la société à l'individu en occultant les problématiques sociales (pour être bien, tu fais ça, tu trouves un job dans lequel tu t'eclates, tu te lèves à cinq heures du mat pour avoir du temps pour toi et on occulte la souffrance au travail, la difficulté des relations interpersonnelles dans le travail, les bonnes pratiques etc ).
    On peut agir chacun à notre échelle, oui. Ca peut mobiliser la classe politique, oui.
    Mais deso, le problème de la pollution de l'élevage intensif, les gaspillages d'eau d circuit de distribution d'eau, les lois qui sortent pour rendre impossible de rompre totalement l'abonnement d'eau quand on est auto suffisant.., c'est un problème qui n'est pas individuel.
    C'est comme s'appuyer sur le bénévolat pour remplacer l'État là où il est indispensable.
    Pendant qu'on fera attention à notre consommation d'eau, celle-ci sera toujours gaspillée dans les circuits et utilisées pour les toilettes.

    Pour moi, le combat est là. C'est aussi pour ca que parler de l'égoïsme des gens me parait surtout regarder un doigt plutôt que la lune.
    Édit:
    J'ai pris l'exemple de l'eau mais ca ne veut pas dire que je suis pro on s'en ballec de la gaspiller.

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