L’amitié à l’âge adulte, épisode 1 — Changement de paradigme

La vie amicale, quand on est adulte, c'est pas exactement un épisode de Friends. Et ça peut déboussoler.

L’amitié à l’âge adulte, épisode 1 — Changement de paradigme
Aujourd’hui, le 30 juillet 2016, c’est la Journée internationale de l’amitié, et on a pensé que cet article pourrait t’intéresser !

– Article publié initialement le 18 mars 2016

Comment me suis-je fait des ami•es dans ma vie ? Principalement via des concours de circonstances. À force de passer mes journées en compagnie des mêmes personnes, sur les bancs du collège, du lycée ou de la fac, j’ai repéré celles avec qui j’avais des atomes crochus. Sur Internet, j’ai rencontré aussi de chouettes gens qui font toujours partie de ma vie.

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Maintenant, je suis adulte. Je bosse du lundi au vendredi à des horaires fixes qui m’obligent à faire des trucs de boloss le week-end en même temps que tout le monde, genre faire mes courses le samedi, mes lessives le dimanche et me coucher relativement tôt en semaine pour ne pas être crevée le lendemain matin.

C’est ça, la vie d’employé•e : tu te lèves, tu vas au travail, tu fais ta journée, tu rentres, tu dînes, t’as deux à trois heures de libre et tu t’endors. Et rebelote. Ça m’a plongée dans des crises existentielles du genre « ÇA VA ÊTRE COMME ÇA TOUTE MA VIE JUSQU’À UN ÂGE AVANCÉ, SÉRIEUX ?! » mais j’en suis sortie.

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Par contre, y’a un truc qu’on t’apprend pas dans la vie : comment les adultes se font des ami•es.

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Aime-toi toi-même, on verra ensuite

La première étape que j’ai eu à dépasser dans mon doux (non) chemin vers l’adulterie a été dapprendre à m’aimer moi-même. J’ai mis quelques années à me connaître et à m’apprécier comme je suis, à envoyer valser des complexes injustifiés, à identifier mes qualités et mes défauts.

Je connais maintenant mes points faibles et mes points forts, j’essaie de bosser sur les aspects de moi qui me plaisent moins, et de prendre soin des autres.

Je suis devenue ma meilleure amie, et je ne reviendrais en arrière pour rien au monde.

Je suis devenue ma meilleure amie, et je ne reviendrais en arrière pour rien au monde : quand j’ai des périodes de creux niveau vie sociale, je suis bien avec moi-même malgré tout.

Ça m’a aussi amenée à faire un peu de tri dans mes relations, à évincer les gens qui ne me faisaient pas du bien, qui étaient des freins plus que des moteurs, ou qui ne respectaient pas celle que je suis.

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C’était l’étape n°1 vers la « Mymy adulte », et c’était pas une mince affaire. Maintenant, c’est fait, et je pense que c’est là pour durer. Je suis en plein dans l’étape n°2, qui sort du « moi moi moi » pour aller vers les autres… et c’est pas facile non plus.

Vis ma vie de fille géniale

Plein de gens me disent que je suis géniale.

Aux orties la fausse modestie : je me considère comme une fille plutôt cool. J’ai un job passionnant, je suis cultivée, je m’intéresse à plein de trucs, je suis globalement une amie pas trop en carton, je suis rigolote, j’essaie d’être bienveillante avec tout et tout le monde, et en plus je fais super bien le gratin dauphinois (la muscade et l’ail c’est l’essentiel ok ?).

Voilà, et je suis pas désolée de bien m’aimer.

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Plein de gens me disent que je suis géniale. Parce que je côtoie plein de gens cool. Il y a des inconnu•es sur le Web qui m’envoient de l’amour, des madZ que je rencontre et qui ont toujours un mot gentil, un compliment. Il y a des gens que je commence à voir via madmoiZelle ou mes ami•es qui me disent : « Vraiment chouette de faire ta connaissance ».

Mais voilà : j’ai pas l’impression que ces gens pensent à moi spontanément. Ils ne viennent jamais me demander comment je vais, me proposer d’aller voir un film, de manger un morceau ou de me joindre à telle soirée qu’ils organisent.

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Ce qui est BIZARRE, parce qu’on est plutôt tou•tes d’accord pour dire que je suis une fille tip top, mais bizarrement, ça intéresse personne plus que ça. Alors oui, ok, ça va faire Mymy petite princesse qui veut que tout le monde rampe à ses pieds, mais non ! Je ne veux pas que tout le monde rêve de passer du temps avec moi. J’aimerais juste recevoir de temps en temps un petit « Hey ça va ? Ça te dit un restau demain ? »

C’est pas la mer à boire, si ?

C’est la faute à Friends de toute façon

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Comme vous, j’ai grandi entourée de productions culturelles (notamment des sitcoms) dans lesquelles l’amitié à l’âge adulte représente un roc plus solide que le mont Saint-Michel. Des brochettes de trentenaires y vivent en colocation, partageant tout, de leurs béguins à leurs repas, en permanence. Quand ils sont en couple, ça ne bousille pas leur amitié et ils ont toujours beaucoup trop de temps libre pour être honnêtes.

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J’ai grandi entourée de sitcoms dans lesquelles l’amitié à l’âge adulte représente un roc plus solide que le mont Saint-Michel.

Y’a sûrement des gens qui vivent leurs amitiés ainsi, mais ce n’est pas mon cas. J’ai quelques ami•es, dont certain•es chez qui je suis souvent fourrée, certes, mais ma vie est loin de ressembler à un épisode de How I Met Your Mother, et je ne retrouve pas la même bande chaque soir au même bar.

De l’amitié-lierre à l’amitié-orchidée

Comme je vous l’ai expliqué à plusieurs reprises, j’ai traversé de grosses périodes de coups au moral ces temps-ci, et j’ai mis du temps à identifier ce qui causait ces sautes d’humeur. Il se trouve que l’une de ces raisons était liée à ce changement dans mes relations amicales.

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Je voyais mes connaissances nourrir une vie amicale bien dodue et j’avais l’impression d’être souvent laissée pour compte, pas invitée, comme au collège quand j’avais pas d’ami•es et que la soirée pyjama devant la Star Ac’ se faisait toujours sans moi. J’hésitais à solliciter les gens, mais je rêvais qu’ils le fassent avec moi. Paradoxal, non ?

Les relations amicales changent quand on se retrouve forcé•e de les organiser, de les provoquer.

J’ai fini par en parler un peu autour de moi et je me suis rendu compte que plein de gens de mon âge étaient dans le même cas. Les relations amicales changent quand on se retrouve forcé•e de les organiser, de les provoquer. C’est comme si l’amitié était auparavant un lierre qui poussait au petit bonheur la chance et qui s’était transformé en plante délicate qu’il me faut arroser soigneusement.

Ok, maintenant que j’ai pris conscience de ça (et du fait que si les gens ne m’invitent pas souvent, ce n’est pas par désintérêt total envers ma petite personne : ils ont simplement aussi « peu » de temps libre que moi, et le distribuent comme ils peuvent)… je fais quoi ? Rendez-vous dans le prochain épisode de L’amitié à l’âge adulte, bientôt sur madmoiZelle, pour en parler !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • 0Ladyfae0
    0Ladyfae0, Le 30 juillet 2016 à 22h45

    Bon Mymy.

    Encore une fois tu as les mots justes. C'est juste un peu fou cette capacité que tu as de si bien résumer ce que l'on ressent un peu tous plus ou moins. Tes articles sont toujours d'une pertinence folle.

    Comme pas mal de Madz ici (cela fait un peu de bien d'ailleurs de voir que l'on est pas seule dans cette situation un peu merdique) l'article fait écho à ma situation du moment. J'ai terminé les études fin de l'année dernière, et la plupart de mes amis proches sont partis vers d'autres horizons. C'est relativement difficile de passer d'une vie sociale assez bien remplie pendant 5 ans à presque le néant.
    Et comme toi, grosse crise existentielle sur ce qu'était devenue ma vie, ou allais-je dans quel état j'erre ? Tout cela fortement lié à tous ces bouleversements amicaux et ces changements un peu abrupts.
    J'ai toujours eu du mal à solliciter les gens également, en attendant que ce soit eux qui fassent le premier pas pour aller boire un verre, se faire un ciné...En me disant à chaque fois "s'ils ont envie de me voir, ils me proposeront" en dépérissant toute seule un samedi soir (Un peu comme ce soir d'ailleurs, heureusement, Stranger Things est mon ami ! :d).

    Je crois qu'il va falloir faire un travail sur ça, provoquer un peu les choses, ne pas refuser d'autres propositions qui auraient pu mener sur une soirée sympa.

    Par ailleurs, d'un studio de 25m² seule, je passe à une coloc' avec 3 autres personnes. Un peu de changement ne pourra faire que du bien.

    Bref, c'était un peu à chaud et bordélique comme message, tout ça pour dire que vous n'êtes pas seules, et que Mymy t'es pas "plutôt" cool, t'es cool tout court !

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