« American Crime Story », une série passionnante sur le procès d’O.J. Simpson

Une ambiance judiciaire très bien ficelée, un casting aux petits oignons et une réalisation impeccable, autant de bonnes raisons de commencer American Crime Story, la dernière création de Ryan Murphy !

« American Crime Story », une série passionnante sur le procès d’O.J. Simpson
American Crime Story commence ce jeudi 10 novembre sur Canal+, ne manquez pas cette excellente série !

Publié initialement le 25 avril 2016

Grande fan de séries judicaires (Ally McBeal, je ne t’oublierai jamais) et de ce cher Ryan Murphy (Nip/Tuck, Glee, American Horror Story), je n’ai pas tardé à m’intéresser à la petite dernière de la chaîne américaine FX : American Crime Story.

Un projet très prometteur d’anthologie de grandes affaires criminelles dont la première s’ouvre avec le très médiatique procès d’O.J. Simpson.

O.J. Simpson : héros national ou criminel (ou les deux en fait) ?

O.J. Simpson a été au cœur d’une affaire judiciaire très médiatisée en 1995.

Si le nom d’O.J. Simpson ne m’a pas dit grand-chose au premier abord, cette personnalité a été au cœur d’une affaire judiciaire très médiatisée en 1995.

Un héros populaire, ancien grand joueur de football américain, accusé des meurtres de son ex-femme et du compagnon de celle-ci, ça a fait pas mal de bruit. C’est un peu comme si un ancien champion de l’équipe de France était accusé de meurtre du jour au lendemain, ça en secouerait plus d’un.

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Mais quand on ajoute à ça que le meurtre a eu lieu pendant une période de grands conflits entre la police de Los Angeles et la communauté noire de la ville, trop souvent arrêtée et accusée à tort de tous les maux de l’agglomération, là c’est carrément du pain béni pour une excellente adaptation télé.

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Nul besoin en revanche d’avoir une excellente connaissance de l’affaire ou du contexte pour en comprendre toutes les subtilités : le scénario est fait de manière à ce que, presque arrivée à la fin de la saison, je n’aie toujours aucune idée de l’aboutissement du procès ni sur mon propre avis concernant la culpabilité d’O.J.

Fiction adaptée d’un livre écrit sur l’affaire, la série est vraiment d’un réalisme fou et donne l’impression d’assister physiquement au procès.

Fiction adaptée d’un livre écrit sur l’affaire, la série est vraiment d’un réalisme fou et donne l’impression d’assister physiquement au procès. Car malgré son titre, la série est bien plus judiciaire que criminelle : ennemis du gore, rassurez-vous, on y trouve beaucoup moins de sang que dans Scream Queens, le dernier délit de Ryan Murphy.

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Une série judiciaire qui fait réfléchir

Le procès d’O.J. Simpson a vite fait de rappeler qu’en tant qu’accusé noir, il était plus mal barré que la moyenne.

Bien que la série soit ancrée en 1995 à grands renforts de permanentes et d’ordis qui font la taille de ma salle de bain, l’affaire pourrait très bien arriver de nos jours. Parce que oui, on parle du procès d’O.J. Simpson en particulier mais ça va bien plus loin que ça.

Même si Rosa Parks, Martin Luther King et autres grandes personnes avaient déjà bien fait avancer la cause afro-américaine, il ne faisait pas bon être noir dans les années 1990 à Los Angeles.

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Avec une police et un système judiciaire qui ne fonctionnait pas pareil pour tout le monde, le procès d’O.J. Simpson a vite fait de rappeler qu’en tant qu’accusé noir, il était plus mal barré que la moyenne.

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L’accusé est-il sur ce banc à cause de sa couleur de peau ? Un procureur noir est-il en mesure d’accuser O.J. ? Un flic connu pour ses propos racistes est-il à même de témoigner ?

Le procès et les partis impliqués se retrouvent ainsi vite embarqués dans un procès plus grand qu’il n’y paraît, où le fonctionnement entier de la ville se trouve remis en question. L’accusé est-il sur ce banc à cause de sa couleur de peau ? Un procureur noir est-il en mesure d’accuser O.J. ? Un flic connu pour ses propos racistes est-il à même de témoigner ?

Autant d’aspects de l’intrigue qui mènent à se poser beaucoup de questions, notamment sur la place de la discrimination dans ce procès, à cette époque précise mais aussi aujourd’hui. Et la grande réussite de la série, à mes yeux, est l’universalité du propos planqué derrière une intrigue très spécifique.

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Cuba Gooding Jr., John Travolta, Sarah Paulson et les autres : boom bébé

Comment le dire autrement : le casting de la série est à tomber et c’est ce qui fait sa qualité, outre son sujet passionnant et ses très belles images.

Le casting de la série est à tomber et c’est ce qui fait sa qualité, outre son sujet passionnant et ses très belles images.

D’un côté, la team O.J. Simpson, alias The Juice. Joué par Cuba Gooding Jr., le personnage est d’une intensité folle et il crée autant l’empathie que l’agacement viscéral tout au long de la saison. De sa voix à son attitude, tout est travaillé pour coller au personnage d’O.J. sans jamais tomber dans la caricature du héros déchu que tou•tes les Américain•es ont admiré sur un terrain.

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Parmi son équipe d’avocats, on retrouve deux noms connus : John Travolta et David Schwimmer, tous deux excellents dans leurs rôles complètement opposés — ce qui rend leur collaboration d’autant plus jouissive, il faut bien l’avouer.

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Et le petit bonus qui fait plaisir, c’est que David Schwimmer incarne Robert Kardashian, l’avocat et ami de toujours d’O.J., mais aussi père de la fameuse fratrie Kardashian. Dépeints dans la série, les enfants Kardashian sont absolument exquis, présentés à l’époque où le selfie n’était encore qu’un concept très lointain.

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De l’autre côté du ring, on accueille l’accusation, en la personne de la terrible et follement controversée Marcia Clark. Habituée d’American Horror Story, l’excellente Sarah Paulson s’est glissée dans la peau de cette procureure perçue par tous comme une peau de vache.

Marcia Clark est une héroïne moderne qui tient à elle seule toute une partie de l’intrigue.

L’actrice a été acclamée par la critique et le public, à raison : femme forte mais paumée entre son job, l’attention que les médias lui portent tout d’un coup, son ex-mari exécrable, ses enfants à gérer, c’est une héroïne moderne qui tient à elle seule toute une partie de l’intrigue.

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Et que dire de l’exquis Sterling K. Brown… Bon, déjà, qu’il est vraiment très beau, on va pas se le cacher. Mais n’oublions pas son talent fou pour incarner le bras droit de Marcia Clark, partagé entre sa conscience professionnelle et la pression de ses proches et de son mentor, un avocat à qui il s’oppose dans l’affaire.

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En bref, un feuilleton-fiction très réussi à découvrir très bientôt sur les chaînes du groupe M6 en attendant la deuxième saison qui porterait, selon les rumeurs, sur les conséquences de l’ouragan Katrina. Voilà une série prometteuse…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ptitepousse
    Ptitepousse, Le 10 novembre 2016 à 20h40

    Ça me donne bien envie de m'y mettre, même si j'ai déjà une montagne de trucs à regarder. :d
    Quelqu'un sait quand commence la diffusion et sur quelle chaine ?

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