Alabama Monroe, un émouvant film belge qui sent bon le Texas

« Alabama Monroe » est le nouveau Felix Van Groeningnen, déjà à l'origine du génial « La Merditude des Choses ». Voici ce que LucieLae en a pensé !

Alabama Monroe, un émouvant film belge qui sent bon le Texas

Mise à jour du 16 janvier 2014 : On vient de l’apprendre, Alabama Monroe est en lice pour l’Oscar du meilleur film étranger ! La fête !

Article du 18 septembre 2013 :

Alabama Monroe (The Broken Circle Breakdown, en V.O.), c’est l’histoire de Didier (Johan Heldenbergh) et d’Élise (Veerle Baetens), qui vivent un bel amour malgré leurs différences. Leur passion pour la musique les rapproche : lui, fan des États-Unis, joue dans un groupe de country ; elle, tatoueuse, en est la chanteuse. Ils ont une fille, Maybelle, et tout semble aller pour le mieux. Mais un jour, une tragédie les frappe…

L’amour et la country

Alabama Monroe, c’est une histoire d’amour. L’amour entre deux personnes, l’amour de parents pour leur enfant, l’amour pour la musique et l’amour pour l’Amérique. Dans ce film belge, on se croirait facilement au Texas, avec l’ambiance particulière des passionnés de Bluegrass Country, un univers bon enfant qui fait du bien.

Moi, je n’aime pas trop la country. Un peu, ça va, mais durant presque deux heures… je me suis dit que j’allais en ressortir avec la tête comme une pastèque. Au contraire !

Les musiques sont douces, et irrévocablement liées au film. Moments joyeux, moments tragiques, Didier, Élise et la bande sont là pour poser une mélodie qui s’accorde parfaitement avec la situation. Les chansons restent en tête (ce qui, soyons honnêtes, une fois sortie du cinéma, est un peu contraignant !) et collent si bien à tout ce petit univers que l’intrusion d’un autre style musical aurait été étrange.

Didier et Élise s’aiment, ça crève les yeux, mais encore plus lorsqu’ils sont sur scène, le genre de moment qui donne envie de tomber amoureux et de dire « on emmerde le monde, on s’aime et on va vivre nus en pleine nature » ! (Ou peut-être que c’est juste moi…)

Un film inégal, mais puissant

Enfin, tout ça c’est avant que les drames n’arrivent. Car Alabama Monroe n’est pas vraiment un feel good movie, même s’il m’a fait rire et sourire un bon nombre de fois. Il a aussi ses moments qui piquent le coeur, et même s’il s’en sort bien au début, la longueur finit par se faire sentir et il en résulte une sensation de frustration lorsqu’on quitte la salle.

Des moments qui ne sont pas assez exploités, et d’autres qui le sont trop. Des imperfections qui finissent par gêner, mais qui sont rattrapées par la fin, qui frôle le pathos, mais se transforme en poésie.

Quelques prises de risques pas toujours réussies

Cette scène finale résume à elle seule ce qu’est Alabama Monroe. Une histoire d’amour au sens large, sans demi-mesure. Elise et Didier existent par eux-mêmes, sans nous ; nous sommes là, devant l’écran, à les regarder (bande de petits voyeurs !), mais ils s’en fichent totalement. Qu’on soit là ou non ça ne change rien, ils vivent leur histoire.

Histoire montrée de manière totalement décousue par ailleurs. On comprend très vite comment ça va se terminer, puis Felix Van Groeningen nous déroule le fil, ou plutôt les fils, de manière aléatoire. On passe de la joie à la peine en une fraction de seconde et vice-versa. C’est loin d’être pénible : on ne se perd jamais… Mais certaines séquences nous laisse sur notre faim. L’enchaînement rapide leur enlève leur intensité, l’herbe nous est coupée sous le pied.

Des personnages qui sauvent le film

Alabama Monroe n’est pas parfait, je m’attendais à un petit truc en plus, mais quelque chose que je ne saurais expliquer m’a permis de me retrouver en Didier.

Pourtant, la logique voudrait que je me sois tournée vers Élise (et pas forcément parce que nous avons toutes deux un utérus : les tatouages et le bio me parlent davantage que l’Amérique et les bottes de cow-boy), mais c’est Didier qui m’a le plus touchée. Même en étant un peu déçue, j’ai de l’affection pour Alabama Monroe grâce à lui.

Sincère, passionné, en décalage, concerné, romantique à sa manière… je suis tombée amoureuse d’Élise avec lui et j’ai eu le coeur brisé avec lui. Je n’ai rien d’un homme barbu qui joue du banjo, mais dans un monde où nous sommes tous des personnages de cinéma, je suis Didier, je le sais. Et c’est pour ce joueur de banjo que je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé Alabama Monroe : j’ai tout de même envie de vous conseiller ce film !

Un beau film avec des défauts

Il y a eu plus beau, il y a eu plus fort, mais importer le Texas en Belgique, ça vaut le coup d’être vu une fois. Le film est long, peut-être un peu trop, mais la beauté de la photographie rattrape le coup. L’étalonnage est magnifique, la composition de l’image maîtrisée… c’est ici que ce se trouve le potentiel d’Alabama Monroe : son visuel.

Voilà que je commence à l’aimer, avec ses défauts. C’est peut-être comme ça que marche l’amour : au départ on est dubitatif, puis finalement on se trouve des affinités, et on se dit « après tout, pourquoi pas ? ».

— Alabama Monroe est actuellement au cinéma !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Crepe
    Crepe, Le 16 janvier 2014 à 20h55

    Ce film est tout bonnement magnifique. Un grand coup de coeur, que je n'avais pas ressenti depuis longtemps. Je l'ai vu en V.O à l'époque de sa sortie belge. Quand j'entends la bande originale, j'en suis encore retournée.

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