J’ai testé pour vous… aimer un homme de 20 ans de plus que moi

Mia*w est avec un homme plus vieux qu'elle de 20 ans. Les préjugés, le regard des autres et le quotidien parfois compliqué, elle nous raconte tout !

J’ai testé pour vous… aimer un homme de 20 ans de plus que moi

Il y a un peu moins de 4 ans, alors que je n’avais que 16 ans, débutait ma plus grande et ma plus belle histoire d’amour. Avec un grand A et un homme de 21 ans mon aîné. Un peu plus vieux que ma mère. Déjà en couple depuis plus de 10 ans. Père d’une petite fille de deux ans. Habitant à 550 kilomètres de chez moi. Bim. Beaucoup de chiffres. Les chiffres, ce fardeau que l’on supporte tant bien que mal depuis les prémices de notre relation.

À l’époque, personne n’y croyait vraiment. Pas même nous à vrai dire. Et comme si tout cela n’était pas assez compliqué, nous avons aussi du gérer les nombreux jugements, loin d’être sympathiques, à nos égards. Parce que pour tous les esprits étriqués (et les autres, un peu, parfois), sortir avec un homme plus vieux ou aimer une femme très jeune, ce genre de relation ne peut être que synonyme de vice. On doit se justifier. Mais le pourquoi de ce comment ne peut pas être l’amour. Parce qu’il y a forcément quelque chose qui cloche pour qu’une jeune fille s’amourache d’un homme plus vieux. Forcément un truc qui ne va pas dans la tête d’un homme pour qu’il s’intéresse à une adolescente.

Le top 3 des réactions

J’ai donc créé pour vous le top 3 des super-réactions-des-esprits-étriqués-auxquelles-nous-avons-dû-faire-face :

1) La perte du père

– Si elle s’intéresse à un homme bien plus vieux qu’elle c’est forcément qu’elle a perdu son père dans un tragique accident de vélo-solex et qu’elle cherche un substitut tout trouvé dans les bras de cet homme. Comment ça ses parents sont ensemble depuis 20 ans et ont toujours été présents ?!

AAAAH mais bien sûr, c’est donc pour son argent !

2) L’argent

– Bah ouais c’est comme ceux qu’on voit à la télé (sauf qu’en plus c’est en vrai) : Hugh Hefner, le patron de Playboy, ou plus récemment Arnaud Lagardère et Jade Foret et leurs trente ans de différence (ou même Courtney Stodden et Doug Hutchison), ça ne peut pas être pour le physique de ces croutons défraîchis qu’elles sont avec, donc c’est en toute logique pour le fric, la thune, le pèse, l’oseille voire le pognon qu’ils sont ensemble.
Comment ça il n’en a pas ?!

AAAAH c’est donc qu’il profite d’elle !

3) La perversité

– Mais oui, ça crève les yeux. Elle est bien trop jeune et n’a pas encore l’expérience nécessaire mais elle s’en rendra compte. Ce sera sûrement trop tard d’ailleurs quand ce sera le cas, elle aura alors perdu l’innocence qui caractérise les jeunes filles de son âge, mais elle verra que j’avais raison, RAAAAAH !

Ce dernier « « raisonnement » » est sûrement le plus difficile à entendre. Il est le découlement logique des deux précédents, lorsqu’on a réussi à les convaincre par a+b que ces derniers ne tiennent pas debout. L’homme qu’on aime passe donc pour un pervers à tendance pédophilopasbiendanssatête. Dur à entendre non pas parce qu’ « il n’y a que la vérité qui blesse », mais parce qu’on se sent désemparés de constater qu’il est plus facile pour tout le monde de croire à des problèmes psychologiques plutôt qu’à l’amour. Bien sûr, je l’ai préféré et choisi lui par rapport à un autre pour certaines raisons que sont, entre autres, ses goûts, ses valeurs et son regard sur la vie qui sont elles-mêmes forcément conditionnées par son expérience mais je ne suis pas sortie avec un numéro, un âge ou un compte en banque.

Un quotidien éprouvant…

Je suis donc passée, en peu de temps, maître dans l’art d’Avaler des Couleuvres en Silence. Mon record personnel étant de 584 couleuvres avalées en moins de 6 mois. Mon quotidien consistait alors à tenter de convaincre, prouver, démontrer sa bonne foi, mon amour, nos sentiments. L’avantage, c’est que ça donnait encore plus de piquant à cette histoire qui n’en manquait pas. Nous battre envers et contre tous ceux qui savaient et jugeaient notre histoire (parce que tout ceux qui savaient, jugeaient) nous permettait de la faire vivre, de l’inscrire dans une réalité.

Mais cette réalité était un combat éprouvant. Parce que nous n’avions aucun avenir commun, aucun projet, si ce n’est de se voir le mois d’après, pour rester enlacés quelques heures avant une nouvelle séparation. Nous n’avions pas en tête de passer notre vie ensemble et c’était très clair pour nous deux. Parce qu’il a eu l’honnêteté de ne pas me faire croire qu’il quitterait sa compagne pour moi et que j’avais la maturité nécessaire pour comprendre que sa famille passait avant notre relation, même si celle-ci était très belle.

… jusqu’au happy end

Cela faisait presque une année que nous étions ensemble et son couple vacillait. Pour de toutes autres raisons que son infidélité, sa compagne l’a quitté. Je l’ai épaulé pendant des mois sans rien attendre en retour. Parce que le fait qu’il était « libre » ne découlait pas logiquement sur l’officialisation de notre couple, tout comme notre relation n’a pas forcé la séparation de son ex-compagne et lui.

Jusqu’au jour où il m’a fait une petite place dans sa vie. Où il m’a présenté sa famille et sa fille avec qui je me suis très rapidement bien entendue. Malgré tout, aujourd’hui encore, je lis encore clairement l’interrogation des gens de mon âge (surtout), qui se demandent ce que je peux bien partager avec lui, comment le fossé qui devrait nous séparer nous unit, qui pensent que je gâche ma jeunesse, que je ne vis pas ma vie de jeune femme, d’étudiante, pleinement. Et avec ceux là je préfère ne plus perdre mon temps et mon énergie.

Et comme les blockbusters n’ont pas l’exclusivité du Happy End, je suis heureuse de vous annoncer que nous nous sommes pacsés le 20 décembre dernier (le jour de mes 19 ans) et que nous avons fêté notre première année de vie commune début juillet.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 81 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Alimane
    Alimane, Le 3 septembre 2015 à 20h21

    Hé bien tu vois @Toufette, je suis dans la même situation que toi. J'ai 25 ans, et la première année après mes études, quand j'ai commencé à travailler, un collègue avec qui je m'netends bien, a commencé à me dire des choses disons intimes, pour enfin me dire qu'il m'aimait. M'appelant le soir en sortant du boulot la voix serrer pour me dire qu'il voulait juste être avec moi. Il à deux enfants et est marié.
    Je me suis posé les même questions que toi. Tout chez lui m'attire, je le trouve intelligent, drôle, subtile, courageux, charmant et doux. Tout ce que je pourrai désirait chez un homme.
    Je suis donc aller plus loin avec lui en lui disant très clairement que quoi qu'il arrive il ne devait pas quitter sa femme POUR moi, parce que je ne peux pas, je n'arriverai pas à être avec quelqu'un de 20 ans de plus que moi.
    Pourtant les jour passe et j'ai l'impression de l'aimer. Mais je me dis que l'amour pour moi n'est qu'une illusion. Je sais que je rate qqchose, mais c'est la vie qui à voulu ça. Je ne veux pas être avec qq de 20 ans mon ainé. J'en souffre aussi, mais je sais que ça passera. Je n'ai jamais était attiré à ce point vers les hommes plus âgé, ça me bouleverse tellement.
    En en parlant à ma mère, elle qui me voyais pleuré en disant que je suis dégouté que nous n'ayons pas le même âge elle m'a poser une question qui m'a bcp aidé : "Est ce que tu l'aimes ou est ce que tu l'admire ?" Je n'ai pas su répondre. Je ne sais toujours pas répondre. Bien sur je sais que ce n'est pas soit l'un soit l'autre. Mais en tout cas ça me fait voir les chose un peu différemment.

    J’espère que ce témoignage te... je ne sais pas... t'apportera qqchose.
    Go your own way :sushi:

Lire l'intégralité des 81 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)