Aïd moubarak ! — Le bilan du ramadan 2013

C'est l'Aïd el-Fitr, la fin du ramadan ! Présentation de cette grande fête religieuse, et bilan par les madmoiZelles du ramadan 2013, qui tombait en pleine canicule...

Aïd moubarak ! — Le bilan du ramadan 2013

Aïd moubarak (bonne fête de l’Aïd) à toutes les madmoiZelles (et tous les madmoiZeaux) qui sortent d’un mois de ramadan particulièrement délicat ! Aujourd’hui, focus sur cette fête religieuse, et bilan d’un jeûne en pleine canicule.

L’Aïd el-Fitr, qu’est-ce que c’est ?

Dans l’Islam, il y a deux aïd différents (le mot « aïd » signifiant tout simplement « fête »).

  • L’Aïd el-Adha (« fête du sacrifice »), ou Aïd el-Kabir (« grand Aïd ») : c’est LA célébration la plus importante de la religion musulmane. Elle commémore le sacrifice d’Ibrahim (Abraham), considéré dans l’Islam comme un des prophètes majeurs. Alors qu’il allait tuer son fils pour prouver à Dieu son implication dans la religion, il fut arrêté au dernier moment par un ange qui, convaincu de sa foi, lui permit de sacrifier un bélier. C’est en commémoration de ce jour que les musulman-e-s égorgent rituellement un animal et s’en nourrissent le jour de l’Aïd el-Kabir. La date de cette fête change chaque année puisque le calendrier musulman se base sur les phases de la lune ; en 2013, ce sera à la mi-octobre !
  • L’Aïd el-Fitr (« fête de la rupture ») ou Aïd el-Seghir (« petit Aïd ») célèbre la rupture du jeûne et la fin du mois de ramadan. C’est ce qui nous intéresse aujourd’hui !

Plusieurs éléments rythment, traditionnellement, cette journée importante pour les musulman-e-s.

  • Zakat el-Fitr (l’aumône de la rupture du jeûne) : comme le jeûne, l’aumône aux pauvres est un des cinq piliers de l’Islam. À la base, on donnait quatre poignées de nourriture ; aujourd’hui, en France, on préconise une aumône de 5€, offerte à une personne démunie ou à un organisme de charité.
  • Salat el-Aïd (la prière de la rupture du jeûne) : cette grande prière rassemble de nombreux fidèles dans les mosquées. Elle doit avoir lieu au début de la journée, après l’aumône et le petit déjeuner (dans la mesure du possible).
  • Traditionnellement, en ce jour de fête, on rend visite à ses proches pour présenter ses voeux de l’Aïd, on organise des festins, on offre des cadeaux aux enfants de son entourage…

Pour résumer, l’Aïd el-Fitr est une fête importante qui permet de célébrer la fin du jeûne tout en resserrant les liens avec sa famille et ses ami-e-s. C’est une occasion de se rassembler, de renforcer sa foi et d’avoir une pensée pour les plus défavorisé-e-s.

Le menu du festin change énormément selon les traditions, les origines… on ne mangera pas la même chose, pour l’Aïd el-Fitr, dans une famille marocaine que chez des Sénégalais ! Cependant, certains aliments de base comme les dattes se retrouvent dans beaucoup de cultures différentes. Toujours dans le contexte de l’aumône, certaines familles préparent volontairement trop de nourriture afin de pouvoir en offrir aux plus pauvres.

Le ramadan 2013 : un jeûne pendant la canicule

Depuis le 9 juillet, les musulman-e-s pratiquant-e-s jeûnent du lever au coucher du soleil. Pas d’eau, et pas de nourriture : pas facile pendant un des mois les plus chauds de l’année, pendant lequel les jours sont longs et la température a allègrement dépassé les 30° en France…

Les madmoiZelles vous racontent donc leur ramadan 2013 !

« Pour moi qui pratique le jeûne du mois de Ramadan depuis l’âge de 12 ans, je l’ai trouvé particulièrement fatigant cette année en raison de la chaleur et des horaires d’été qui nous font lever avant 4h du matin pour manger et qui nous font rompre à 21h30 à peu près pour cette fin de mois de jeûne. »

Forcément, le ramadan en juillet est plus difficile qu’en décembre. Enfin… non, pas forcément ! Si cette madmoiZelle l’a trouvé ardu, deux autres s’y sont plus facilement accoutumées :

« Personnellement, je n’ai pas trouvé les premiers jours difficiles. C’est vrai que la soif était malgré tout présente mais plus les jours passaient plus la fatigue s’installait et je dirais donc que pour moi, cette année, les jours les plus difficiles sont les derniers.

Après je pense vraiment que l’ambiance ramadanesque joue beaucoup. Quand toute ta famille le fait, ça te paraît moins long ! »

« Globalement, je n’ai pas trouvé le ramadan plus « dur » cette année que les autres. En fait, à partir du moment où tu te mets dans la tête que tu vas faire le ramadan, ton état d’esprit change presque automatiquement. Tu sais que tu vas te priver de boire, de manger ; au bout de deux ou trois jours je ne ressens plus la faim. Mais le plus dur c’est vraiment la soif, la première journée a été très difficile (surtout qu’on est arrivé dans le pic de chaleur de l’été)… Après tu rentres dans le bain et ça devient une habitude. »

Comme tous les changements — plus ou moins radicaux — de rythme, c’est plus facile de le faire à plusieurs : on se motive mutuellement, on s’encourage, on se change les idées… Et le ramadan n’échappe pas à la règle ! Jeûner en famille, avec des amis, et globalement être entouré-e de personnes pratiquantes, ça aide beaucoup.

« Le mois de Ramadan m’a permis de me rendre compte à quel point nous avons la chance de pouvoir manger à notre faim et de pouvoir boire à notre soif. Je me suis aussi rendue compte de la chance que j’ai d’avoir ma petite famille alors que des milliers, voire des millions de personnes, font ce mois de jeûne seules. »

« Ce que j’aime dans ce mois c’est qu’on est aussi beaucoup plus « famille » avec les dîners du soir, le fait de partir ensemble à la mosquée, d’échanger des plats avec ses voisin-e-s ou ses ami-e-s (musulman-e-s ou non d’ailleurs), d’inviter tes proches et moins proches. C’est un mois où il y a plus de partage. »

Selon la tradition, ces madZ ont rompu le jeûne (on appelle ce moment le ftour) avec un verre de lait et des dattes. Ensuite, les habitudes alimentaires varient :

« Les menus varient en fonction des jours et des envies mais restent dans mon cas assez légers, comme une soupe froide suivie d’une viande grillée et d’une salade composée ou des tourtes salées toujours accompagnées de salades bien composées, de plats traditionnels de mon pays d’origine… À table, je consomme des boissons fraîches. En général, j’évite les sodas et privilégie les citronnades, jus, smoothies. » 

« C’était chorba les premiers soirs et rien d’autre après. Mais bon, ça m’a vite tapé sur le système ! Alors je me faisais des plats similaires à ceux que je mange d’habitude: steak-frites, pâtes au saumon, poulet-patates, légumes, poisson etc. »

« Une salade composée, puis j’attendais une petite demi-heure avant de prendre un plat, et je finissais la soirée en buvant tout ce que je pouvais (thés, et beaucoup d’eau fraîche). Donc c’était assez light comme programme. »

Le ramadan, ce n’est pas que le jeûne : c’est un mois dédié à la foi, à la spiritualité, à la réflexion et au rapprochement avec Dieu. C’est l’occasion de se pencher sur le Coran, de s’adonner plus régulièrement à la prière…

« La journée, je ne change pas vraiment mes habitudes. Étant en vacances, je sors me promener, profiter du soleil… Et puis comme je n’oublie pas qu’il s’agit d’un mois pour se ressourcer spirituellement, j’essaye de me rapprocher d’avantage de Dieu à travers mes actes d’adoration. »

« J’essaie aussi de renforcer ma foi en lisant le Coran, en faisant des prières dites surérogatoires (autrement dit facultatives et qui s’ajoutent aux prières obligatoires). »

« Pour les habitudes de journée, très sincèrement je crois n’avoir rien changé. Je fais quand même attention à lire plus le Coran, à lire plus de livres religieux, à faire un effort de réflexion sur ma pratique. Mais je fais aussi attention à plus donner, au cours de ce mois, aux pauvres que je peux croiser dans la rue. Peut-être parce que je comprends « mieux » ce que c’est d’avoir faim, soif et de devoir supporter cette chaleur ? Ou alors c’est l’effet Ramadan ! »

Même en plein été, le ramadan n’est donc pas une corvée, mais un moment de foi et de plaisir pour les musulman-e-s du monde entier qui peuvent se rapprocher de Dieu, mais aussi de leurs proches ! Je laisse le mot de la fin à une madmoiZelle enthousiaste :

« Dans tous les cas, cela reste un mois que j’attends chaque année avec beaucoup d’impatience et je suis triste de vivre les derniers jours. »

Et si vous avez la chance d’être invité-e-s à un repas ce soir pour l’Aïd el-Fitr, ne déclinez surtout pas : ce sera probablement délicieux !

— Un grand merci aux madmoiZelles ayant témoigné !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Romilly
    Romilly, Le 8 juin 2014 à 20h22

    J'arrive un peu tard mais je voulais préciser que le ramadan n'a pas à être suivi au-delà de la limite de ses forces. Je m'explique. J'ai par exemple une amie qui ne fait que la moitié du ramadan parce qu'après un certain nombre de jours, elle tombe dans les pommes, ses analyses sanguines sont très mauvaises, elle a des vertiges constamment et le médecin (et l'imam!) lui interdisent d'aller plus loin. Pour les autres, c'est pareil. Un grand sportif professionnel aura le droit de boire (selon l'imam de mon quartier) car son métier pourrait devenir dangereux s'il n'a pas eu de dérogation pour réduire pendant cette période. Pareil pour les femmes ayant leurs règles: elles sont fragiles pendant cette période et peuvent avoir des inconvénients (tomber dans les pommes, etc...). Alors cette jeune femme qui buvait un verre d'eau avait peut-être une explication médicale dont elle n'avait pas envie de parler? A part ces exceptions, évidemment, le ramadan est très formel et on doit suivre à la règle les commandements sinon il n'est pas valide aux yeux de Dieu.

    J'ai eu la chance de grandir entre plusieurs religions, et l'islam m'a toujours passionnée (ma meilleure amie était musulmane)... Les rites diffèrent selon les régions. Chez moi pendant ramadan, le jeûne du soir est brisé avec des légumes à l'eau et des trucs pas bon à manger, mais l'Aid est magnifique, plein de gâteaux, de prières, de communion ensemble, d'agneau, ...
    Plus tard, j'ai souvent été invitée dans la communauté sénégalaise, qui ne fête pas du tout comme chez moi, mais toujours avec cette impression de communauté soudée qui a passé l'épreuve ensemble et avec leur Dieu.

    ... et moi j'aime trop les plats de fin de Ramadan! (Ceci était LE commentaire constructif)

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