À toi qui n’aimes pas Paris…

Paris ce n'est pas si nul. Non, c'est pas vrai. La foule, la pollution, c'est que du bonheur. Il suffit d'être optimiste. La preuve dans cet article mi-mauvaise foi, mi-sincérité.

À toi qui n’aimes pas Paris…

L’Internet sert essentiellement à se plaindre. J’en veux pour preuve l’avalanche de sites ihateparis.com, commentbrulerunparisien.tumblr.com,  pourquoi-détester-paris.blogspot.com, pariscnul.skyrock.com (j’ai repris les intitulés librement mais le fond est là).

Aujourd’hui, il est temps de voir la tasse de café à 4€ en terrasse à moitié pleine.

Parce que nous sommes en août, que tout le monde est en vacances et que passer son été (voire son année) (voire sa vie) à Paris c’est formidable, il suffit de se le répéter tous les jours en se regardant dans la glace.

J’entends d’ici les provinciaux soupirer : « Allez, encore un article digne d’une brochure touristique qui va encenser Paris. Et Paris la ville-lumière et Paris la capitale culturelle. Ses monuments si historiques, ses jardins si publiques,  ses panoramas si panoramiques »…

Tout en objectivité

Mais non. Dans cet article, zéro bon plan, zéro bonnes adresses. Juste des pistes pour voir la vie en rose (ouh le cliché… promis, il n’y aura aucune image d’accordéoniste).

Car quand on aime quelqu’un on aime aussi ses défauts. Aussi n’ai-je pas peur de clamer : Paris je t’aime, toi, tes déjections canines et ta pollution urbaine et toutes ces choses qui enchantent mon quotidien.

Paris et son métro

Le métro parisien, ça pue, c’est plein de monde, ça tombe en panne, c’est caca. Mais pourquoi tant de négativité ? Je trouve le métro tout à fait charmant. Je me réjouis quand j’ai la chance d’être sur une ligne aérienne (oh, la lumière !) ou climatisée, voire aérienne ET climatisée (ligne 2 mon amour).

Pardon d’être une extra-terrestre mais j’adore tomber dans le wagon ultra-bruyant des scouts ou celui du centre aéré qui va à Disneyland, j’aime les musiciens, même les mauvais qui nous lancent « BALALALALA LA BAMBA » à 90dB à 23h30 après une dure journée de travail (ou j’ai appris à les aimer car je ne pouvais pas leur échapper?) et surtout je trouve le métro profondément humain.

Pas forcément convivial, mais certainement pas sans âme. Juste humain. Un observatoire social avec ses sujets drôles, grossiers ou mal réveillés. Et cette personne qui hurle toujours « LAISSEZ LES GENS DESCEEEEENDRE ».

Si même Amélie Poulain prend le métro, ça ne peut pas être foncièrement mauvais.

Alors oui, il y a des pickpockets, mais il y a aussi des gens qui t’aident à porter ta valise, ta poussette ou ta mémé dans des escalators (qui, quand ils existent, sont en panne). Donc bon.

Paris et ses squares

Paris grouille de monde et compte probablement plus de fientes de pigeons que de brins d’herbe. Résultat : des terrasses encombrées où tout le monde cherche à se rapprocher du ficus en plastique. Et des squares surpeuplés.

Moi j’aime bien les squares bondés : ils me rappellent que les problématiques de surpopulation ça existe et qu’il faut s’en préoccuper. Pour sensibiliser les Parisien-ne-s au développement durable, rien ne vaut une petite visite dans nos jardins publics. Comment feront les générations futures pour se partager à 27 un toboggan ou une pelouse interdite? Les ressources de la planète ne sont pas infinies, le nombre de bancs publics non plus.

Mais surtout j’aime observer les enfants parisiens en cage. Devant la densité de population des squares, comment éviter que les ballons n’entrent en collision avec les badauds ? Avec une cage. Malin. Ainsi la balle de basket revient directement dans la tronche du petit Parigot trop énergique. C’est comme ça qu’on apprend à tirer la gueule dès le plus jeune âge.

Le square Montholon, à deux pas de la rédac, présente l’une des plus belles collections de primates qu’il m’ait été donné de voir.

Non vraiment, se poser dans un square parisien à l’heure du déjeuner, c’est toujours drôle et instructif.

Paris et son bruit

Paris n’est pas une ville réputée pour sa tranquillité. Vous y trouverez rarement du silence. En fait, il semblerait que ça arrive de temps, par exemple à Cy, mais au mois d’août uniquement. Le reste du temps c’est un enchaînement permanent de klaxons et de sirènes d’ambulances.

Un léger bruit de fond qui a pourtant un côté rassurant, non ?  Une douce musique qui chante à mes oreilles et m’aide à m’endormir. Après une rude journée de travail, j’adore avoir l’occasion de me détendre tout en améliorant ma maîtrise des langues étrangères. Comme quand un Norvégien vient exprimer sa joie sous mes fenêtres.

Que dit-il le bougre ? Je crois percevoir:

Jeg er så glad for å være i hovedstaden i Frankrike

(Je suis tellement heureux d’être dans la capitale de la France)

Ah, en fait il semble que ce soit plus proche de  :

Jeg har for mange drinker og jeg trenger å tisse

(J’ai trop bu et maintenant je dois pisser)

Haha ! Quel bout-en-train.

Paris et ses Parisien-ne-s

Bouuuh, les vilain-e-s Parisien-e-s ! Tou-te-s méprisant-e-s, arrogant-e-s, malpoli-e-s et surtout aimables comme une porte de prison, n’est-ce pas ? Certain-e-s rentrent effectivement dans ces catégories, je ne le nierai pas.

Mais moi, ils me remontent le moral, les râleurs, les déprimés, et les serveurs qui ont l’air d’avoir avalé un cendrier de travers. Je me dis que j’ai de la chance d’être née dans le clan de ceux qui ont la contraction du zygomatique facile.

Quand mon voisin de bus aussi inspirant qu’un croque-mort reçoit un texto disant « tu peux acheter le pain en rentrant steuplé ? » et qu’il soupire comme si toute sa famille venait de mourir dans un accident de parapente, je me réjouis. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, comme on dit.

Ça prouve surtout que je n’ai aucune empathie mais ça m’aide à croire que je suis une personne incroyablement joviale. Un peu comme quand on me dit que je ne suis pas une vraie Parisienne.

Mise en situation, un jour où je me suis arrêtée pour renseigner un touriste égaré :

– Excusez-moi, c’est par où Notre-Dame ?
– C’est par là, vous voyez ?
– Ah oui ok, merci et sinon vous venez d’où ?
– Ben de Paris.
– Oh vraiment ? Non ce n’est pas possible, vous me faites marcher. Vous êtes bien trop aimable et souriante pour une Parisienne...

Oui. ça m’a fait trèèès plaisir. J’aurais pu décider d’être ronchon, de lui dire qu’il était pétri de stéréotypes à la con et que c’est un peu facile de considérer que les Parisiens sont tous des peaux de vaches si dès qu’on en rencontre un sympa on considère qu’il n’est pas vraiment parisien.

Mais sur le coup j’étais de bonne humeur pour toute la semaine. Du coup, chaque fois que j’aide mamie à traverser ou un touriste à s’orienter, j’ai l’impression d’être Mimie Mathy. Alors que non.

Paris et ses bouchons

À Paris, un nombre assez effarant d’habitants ont décidé d’utiliser une voiture régulièrement. Mais être coincée deux heures durant les grands boulevards n’est pas aussi désagréable qu’on le croit.

Personnellement, j’y vois un moyen très efficace de développer mon self-control mais également de réfléchir à ce que je veux vraiment. Par exemple : « C’est décidé, demain je me mets à la moto. J’ai toujours aimé la moto. La moto c’est la vie ». Répétez après moi, les bouchons c’est formidable (bon, peut-être pas le périphérique s’il te fait rater ton avion pour Calvi). On peut même y rencontrer l’âme soeur. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Joe Dassin, la référence ultime.

Vous voyez, le fait que j’ose poster une vidéo de Joe Dassin prouve que je ne passe pas suffisamment de temps dans les bouchons parisiens. Sinon j’aurais depuis bien longtemps développé une culture musicale décente.

C’est tout pour le moment : j’avoue ne pas avoir trouvé de réels avantages aux crottes de chien et aux loyers exorbitants mais j’y travaille, j’y travaille.  Quoi qu’il en soit, que vous y habitiez depuis un moment ou que vous y emménagiez à la rentrée, un seul mot d’ordre : prenez Paris du bon côté !

Et pour toutes les autres n’hésitez pas venir nous raconter pourquoi vous adorez les défauts de votre province :  la pluie bretonne, la canicule marseillaise, ou le fait qu’il faille traverser trois villages en voiture pour trouver une boîte aux lettres si vous habitez dans un coin vraiment reculé.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Salvia
    Salvia, Le 26 août 2013 à 22h18

    boreale-2;4321920
    J'ai l'impression qu'il y a une forme de discrimination totalement assumée envers les parisiens, totalement décomplexée.
    C'est exactement ça. On remplaçerait le mot "parisien" par n'importe quel autre mot (noirs, gay, gros, roux...) on hurlerait au scandale. Mais les parisiens ça va, on a le droit de leur taper dessus

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