A la découverte des études d’Art Thérapie

Pondu par Flo le 17 décembre 2009  

Si l’Art Thérapie est une branche médicale en forte évolution dans les hôpitaux en ce moment, ce n’est pas pour autant que le métier est bien connu. L’art thérapeute, à travers l’activité artistique (dessin, musique, danse, théâtre…) va aider le patient dans sa guérison de la maladie ou dans l’amélioration de sa vie quotidienne pour les pathologies mentales lourdes. Mais attention ! L’art thérapeute n’est pas là pour analyser et décrypter les productions de ses patients mais plutôt pour les aider à exprimer leurs impressions sur la maladie, leur vision du monde qui les entoure et pour réussir à mieux communiquer.

Pauline, aka E338 sur madmoiZelle fait actuellement des études en Art Thérapie à Tour et t’explique tout sur tout ! Interview !

madmoiZelle.com : Raconte-nous ton parcours avant de début de tes études en art thérapie ?
Pauline : Mes études ont commencé à prendre un virage artistique lorsque je suis rentrée en Seconde Cinéma Audiovisuel. Puis après un Bac L cinéma (option lourde) , je suis rentrée directement à L’Ecole des Beaux Arts de Nantes grâce à un concours. Trois ans de Beaux Arts et un Diplôme National D’Arts Plastiques plus tard, j’ai été conviée à prendre la petite porte qui ne menait pas au grand Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique.
J’en ai profité pour m’épanouir dans le slam que j’avais commencé deux ans plus tôt, en animant des ateliers d’écriture et des initiations à la poésie et au slam pour des publics de tous les âges. Je bricole beaucoup et je fais des expos aussi, la prochaine concerne l’écriture et trouvera sa place dans l’espace jeunesse de la médiathèque de Nantes.
madmoiZelle.com : De quelle façon t’est venue la vocation de l’art thérapie ?
Pauline : J’ai toujours eu de l’intérêt pour le handicap et les maladies psychiatriques. D’aussi loin que je me souvienne, mon film préféré quand j’étais enfant c’était Rain Man. Je me suis donc toujours dit que je travaillerai avec des personnes autistes. Et puis comme dirait ma mère j’ai toujours eu cette facilité avec le handicap comme si il n’y avait aucune barrière entre nous.
Puis les Beaux Arts sont arrivés, on t’y retourne un peu le cerveau alors tu sais plus trop ce que tu veux faire. Mais j’ai fait le ménage pendant deux mois dans un hôpital psychiatrique un été, et je m’y trouvais bien. C’est bizarre mais malgré mon job ingrat j’aimais l’ambiance qui régnait là bas et j’enviais l’équipe médicale. Voilà qui a suffit à me convaincre complétement.

madmoiZelle.com : Dans quel cadre étudies-tu : université ou école ? Quelle est la durée du cursus complet et en quoi consistent essentiellement tes cours ?
Pauline : J’ai commencé par une sorte de « prépa » qui se passe à Tours. De janvier à juin tu te retrouves avec une quarantaine d’autres personnes de 20 à 55 ans. Il en existe deux : ISA et ACAP . Tu rentres dans l’une ou dans l’autre en fonction de ton cursus et du fait que tu possèdes oui ou non un niveau licence. Moi j’ai été en ACAP, qui m’a délivré un diplôme d’aide culturelle à la personne et ouvert les portes de l’université de médecine de Tours pour un diplôme Universitaire d’art thérapie.
La durée complète est donc de deux ans. 6 mois de prépa, une année scolaire de Faculté et trois /quatre mois à attendre pour passer ta soutenance de mémoire qui te délivrera ton diplôme final. Bien sûr il faut au préalable un parcours artistique (fac, beaux arts, artiste, artisan, comédien, musicien, danseur, poète … ) et/ ou un parcours (para)médical (infirmière, aide soignante, auxiliaire de vie…). Chaque dossier qui postule en prépa est étudié au cas par cas et suivi d’entretiens personnalisés.
Les cours sont intenses au rythme d’une semaine tous les deux mois.
5 modules qui traitent de psychopathologie, de philosophie, d’histoire de l’art, d’esthétique, de médecine, ponctuées d’intervenants (orthophoniste, psychologues, art thérapeutes, musicien… )

madmoiZelle.com : Dois-tu faire des stages ? Si oui, où as-tu eu l’occasion d’en faire ? Et quel était le profil de tes patients : enfants malades, personnes handicapées…?
Pauline : Oui je dois faire deux types de stage. En prépa un stage d’observation de 120h et en DU un stage pratique de 140h qui servira de support pour l’élaboration d’un mémoire et d’une soutenance finale. J’ai donc effectué mon premier stage dans un foyer de vie de 8 adultes trisomiques, c’est à dire que je me trouvais dans leur maison avec leurs chambres à eux. Je me suis donc confrontée au handicap mental. Mon stage d’observation s’est transformé en matinées de ménage et ateliers créatifs l’après midi. Pas tout à fait ce qui était écrit sur la convention (je parle surtout du ménage) mais cette façon de faire m’a permis d’apprendre beaucoup sur la pathologie des patients.
Mon prochain stage doit se dérouler, je l’espère, dans une unité de vie pour adultes Alzheimer. Mais ces stages restent toujours très durs à trouver…

A la découverte des études dArt Thérapie art therapieTravail réalisé sur le thème du portrait pendant le premier stage de Pauline

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Les 10 dernières réactions à cet article

Lire l'intégralité des 6 commentaires

  1. Le 17/12/2009 à 17h37

    J'en ai entendu parler récemment alors c'est intéressant d'avoir quelques infos dessus !
    Je trouve que tu as une très belle vocation (au sens esthétique et humain) !
    Bonne chance à toi
  2. Le 17/12/2009 à 17h54

    C'est super intéressant. Une idée que je garde dans un petit coin de mon cerveau !
    En tous cas bon courage à toi madmoizelle, j'espère que tu t'épanouiras dans ton travail

    Mais ce n'est pas trop dur de trouver du travail en tant qu'"art thérapeute" ?
  3. May May

    Le 17/12/2009 à 19h13

    Je n'en avais jamais entendu parler et c'est un peu honteux vu mes études. Je trouve ça super interessant!
  4. Le 17/12/2009 à 19h17

    Mon petit frère, autiste, suit ce genre de thérapies. J'ai l'impression que ça l'aide énormément! Je trouve courageux de la part de Pauline de se diriger vers ce métier, qui ne doit vraiment pas être facile. En même temps, la satisfaction doit être immense quand elle arrive à faire s'exprimer ces personnes malades. Je suis très admirative!
  5. Le 17/12/2009 à 19h19

    Yeah ! Tours en force ! =)


    Je t'admire... Je n'aurai jamais eu la force psychologique nécessaire pour faire ce que tu fais.
  6. Le 17/12/2009 à 19h51

    Merci à toutes pour vos commentaires !
    Ces compliments me vont droit au coeur !
    Certes les conditions sont parfois difficiles mais bon sang quel bonheur , quelle statisfaction de faire oublier parfois la pathologie et les barrières qu'elle dresse
    dans la vie de tous les jours chez certains patients !
    Je remercie vraiment Flo' de m'avoir permis d'éclairer cette branche obscure du paramédical !
    Et je suis râvie de voir que chez certains enfants autistes , les résultats de qualité de vie sont déjà là !

    Et pour répondre à la question posée : non trouver un emploi d'art thérapeute à mi temps reste un vrai parcours du combattant.
    il suffit de voir comment se passent les recherches de stages, c'est déjà l'enfer !
    Alors je vous laisse imaginer ...
    Mais j"y crois, je persiste et je signe.. et je reviendrais dans qqs années vous parler de tout ca ! :-p
  7. Le 17/12/2009 à 20h05

    Je me suis, à un moment donné, renseignée sur l'art thérapie. C'est un domaine qui m'a toujours attirée, fascinée. J'aime le contact avec ces multitudes de mondes, projetés et mis en forme matérialement (écriture, dessin, poterie...). Je m'y sens liée, proche. Je trouve ça super que des personnes solides et "conscientes" se destinent à ce métier.

    En ce qui concerne "la guérison", je me permets, il me semble que ce n'est pas le but recherché. Guérir de quoi ? Je me raccroche donc plutôt à ta deuxième précision. C'est plus un confort avec soi, les autres, et le monde extérieur qui reste nécessaire. Rendre la vie possible, moins douloureuse, plus légère. Multiplier les possibles, aussi. Je me trompe ?

    Bonne continuation sur cette voie !

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