Les 5 livres préférés… d’Amélie !

« Les 5 livres préférés de… », c’est une rubrique qui vous présente cinq ouvrages phares d’une madmoiZelle : qu’ils aient changé sa vie, marqué son enfance ou l’aient sauvée d’un trajet ennuyeux, voici les bouquins qu’elle ne pourra jamais oublier !

Les 5 livres préférés… d’Amélie !

Décider des livres composant cette sélection a été un pur calvaire. Je milite donc pour une édition des « 10 000 livres préférés de… » . En attendant, voici ce que j’ai pu en tirer :

Pétronille et ses 120 petits, de Claude Ponti

S’il fallait commencer par le début je me devais de choisir celui-ci. Non ce n’est pas un classique de la littérature française, mais il n’en est pas moins intéressant. Pétronille et ses 120 petits c’est un peu le doudou plein de bave de mes plus jeunes années. Un des livres auquel je tiens le plus, et qui m’a, je pense, portée vers tout ce qui fait que moi… c’est moi.

Claude Ponti est un illustrateur français qui écrit des livres pour enfants, mais loin d’être interdits aux adultes. Bien que mon placard de petite fille contienne un exemplaire de chacun de ses ouvrages, Pétronille était ma petite chouchoute.

C’est l’histoire d’une souris (mais pas verte) qui va chercher à manger à ses enfants (et la note de petits pains/chocolats devait être plutôt élevée étant donné qu’elle en avait cent vingt, donc). Manque de pot, un monstre les attrape avec la folle envie de s’en faire un petit-déjeuner.

Ce qui me paraît vraiment extraordinaire avec ce bouquin c’est l’imagination dont le mec a usé dans ses dessins et ses textes. Des monstres et des situations complètement folles débarquent sur fond de comptines que tout les gamins connaissent dès la petite section.

Du coup « ces messieurs » trempent la pauvre souris dans l’huile et dans l’eau, les madeleines pleurent et les poules sont assises bien tranquillement sur un mur. Tout semble jouer sur les transitions, autant dans la langue que dans les dessins : on passe d’une page à l’autre (d’un univers à l’autre) en suivant des échelles, des mèches de cheveux, des bestioles volantes. Bref, c’est un peu comme un trip sous LSD avec Miyazaki et Anne Sylvestre.

La Promesse des Ténèbres, de Maxime Chattam

Je ne sais pas si tu as ouï de mon amour fou pour Maxime Chattam. Dès qu’un de ses nouveaux livres investit ma librairie, je ne suis que fébrilité et allégresse. Je dévore le précieux bouquin comme une cuillère de guacamole, quitte à louper merveilleusement mon arrêt de métro, ou à n’octroyer à ma rétine meurtrie par les mots qu’une seule malheureuse petite heure de sommeil.

Ma mère est une grande fan de thrillers, elle m’a donc tout naturellement dirigée vers ce genre de lecture. J’ai commencé par lire La théorie Gaïa, j’ai kiffé grave. Puis Prédateur, j’ai kiffé grave. Ensuite j’ai lu La Promesse des Ténèbres, j’ai kiffé encore plus grave.

Cet ouvrage fait partie du Cycle de l’homme et de la vérité. Il est censé être une préquelle d’In Tenebris (qui fait partie d’une des plus grandes réussites de l’auteur). Cependant La Promesse des Ténèbres a été écrit bien plus tard et l’auteur conseille de lire son grand frère avant. Mais moi je suis une punk alors j’ai pas fait du tout comme il fallait. Bref.

Ce très cher Maxime t’emporte sous son bras explorer les bas-fonds de la condition humaine. À travers les yeux de Brady O’ Donnel, journaliste en perte de vitesse, on fait la connaissance de Ruby, actrice pornographique d’un genre… troublant.

Alors que Brady pensait tenir son sujet, il découvre que les films de Ruby sont plus du style « petit viol entre démons des abysses » que « gentille levrette claquée ». Et encore, attend de découvrir la suite…

On croise le seuil du fantastique et la réalité pure des citées souterraines respirant l’air moite du métro de New-York. En gros, c’est un délice.

Il y a des morts, du sang, mais au final l’importance n’est pas là. C’est surtout la tension et le côté presque malsain qui m’ont fascinée tout au long de ce livre. Les phrases sont parfois courtes, et cinglent comme des petits rasoirs ; souvent elles posent les bonnes questions. Comme devant Game Of Thrones, on se rend vite compte que la vie est aussi fragile qu’une pauvre feuille de papier mouillée.

Certaines scènes sont crues, on a du mal à s’imaginer que pareils horreurs aient pu sortir de l’imaginaire humain… Et puis on regarde autour de soi et on se rend compte que les « années-lumières de la réalité » se transforment en mètres, qu’on est pas si loin, finalement. C’est surtout ça la force de ce roman. L’action fait souvent place à la tension, toujours avec une maîtrise du suspense quasi-parfaite.

Lire un Chattam c’est un peu comme marcher sur un trottoir verglacé : la chute arrive, mais pas toujours au bout de la rue. Et surtout, pas toujours quand on pense à s’accrocher aux lampadaires. C’est ce sentiment de surprise qui me plaît à chaque fois.

Ci-dessus la métaphore du suspense. 

Métamorphose en bord de ciel, de Mathias Malzieu

Cela peut paraître plutôt contradictoire mais je n’accroche pas plus que ça avec Dionysos (enfin, je les ai vu en concert une fois et c’était terrible alors il faut les chérir quand même). C’est un peu couillon quand on met dans sa sélection de livres préférés un roman du chanteur et parolier. Mais bref.

Cependant j’ai toujours aimé le farfelu, et La Mécanique du Coeur me faisait de l’oeil incroyablement bien. Par surprise je me suis rendu compte que j’étais tombé nez à nez avec mon alter-égo littéraire. En gros, si j’avais voulu devenir écrivain (j’y travaille même si c’est au point mort (et ce depuis le début)), c’était comme ça que j’imaginais ma patte. Comme ça que j’aurais voulu être et mettre mes sentiments sur papiers. Alors forcément, après, difficile de passer à côté de son palmarès romanesque tout en poésie et en métaphores.

Quand Métamorphose en bord de ciel est sorti, je me suis jeté dessus comme un vautour. Et le moins que l’on puisse dire c’est que je n’ai pas été déçu.

Le livre met en scène (les mots toujours très imagées donnent l’impression d’un tableau animés) l’histoire de Tom Cloudman, le pire cascadeur du monde entier. Après de multiples blessures, le jeune homme apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable, qui lui vaudra un séjour interminable à l’hôpital. Lors de sa cure contre sa maladie qu’il appelle « la betterave », Tom rencontre une mi-femme mi-oiseau qui lui propose de le guérir en échange du fait qu’il se donne charnellement à elle (tu as bien compris). L’oiselle le transformerait en moineau, et il serait sauvé.

L’histoire est écrite sous forme de conte, ce qui facilite la perte de repère entre fantastique et réalité. Métaphores d’une justesse émouvante, personnification et mots valises; dans le fond et dans la forme ce livre c’est comme une grenadine un peu acide sur la fin, une caresse un peu griffue. Et ça fait du bien à mon petit coeur.

Toute cette poésie ça m’a arraché des larmes. Preuve que l’alchimie était totale, et que tu dois le lire illico.

Histoire de Manon Lescaut, l’Abbé Prevot

Je crois qu’on a tous un problème avec les livres que les profs nous on forcé à lire au lycée. Comme toujours, il y en a qui marquent et se distinguent par leur chiantitude effarante, et ceux qui restent, juste parce qu’ils sont cool.

Manon Lescaut a ainsi su se détacher de ma liste monumentale de Première L. Pourtant c’était pas vraiment dans la poche car je l’ai lu entièrement cloué au lit, entre deux bassines, avec 39° de fièvre.

On suit les aventures du Chevalier des Grieux, jeune noble de dix-sept ans, somme toute un peu niais sur les bords. Il tombe sous les charme de Manon, qui doit être envoyée au couvent. Afin de pallier à cet évènement facheux Des Grieux fait évader la jeune femme et ils partent se cacher dans un appartement. Cependant, Manon n’est pas si fidèle qu’elle n’y parait et ils sont rapidement séparés. Des Grieux, amoureux et donc très bête, retrouve Manon quelques temps après. Mais la jeune femme ne supporte pas d’être dans le besoin et n’hésite pas à se prostituer, et lui, à mentir et jouer pour gagner de l’argent. Bref, ils sont pas net-net.

Ça cause château, boudoir et appartement miteux; richesse, vengeance et désespoir. C’est l’amour, la haine, le Roméo et Juliette de 1750… (et, oui, là aussi, j’ai pleuré comme une crotte).

(Le coussin est optionnel.)

Le labyrinthe de Paharaon, Serges Brussolo

Le labyrinthe de Pharaon m’a marqué dans le sens où il a marqué mon passage au livre de Fantasy pour enfant et autres « ouvrage 4-8 ans », aux bouquins de grandes personnes.

C’est l’histoire d’Anouna (non pas Cyril.HA.HA) une parfumeuse chez un embaumeur au temps de Mission Cléopatre. Le pharaon Anathotep décide de faire construire un labyrinthe au centre de la pyramide où seront disposés sa dépouille et son trésor. Pour se repérer, seul le nez compte : une odeur indique le bon chemin, celui qui évite les pièges mortels. Cependant, cette odeur n’est pas perceptible pour tout le monde. Mais Anouna, elle, la sent. Forcément elle se fait enlevé par un groupe de pilleurs qui veulent s’en servir pour leur montrer le chemin. À partir de là, ça devient un peu le bazard.

J’ai lu ce livre en vacances dans ma caravane en Espagne en environ trois jours – ce qui est un record pour la petite fille de neuf ans que j’étais. Il m’a totalement fasciné.

Déjà, je l’ai trouvé hyper trash. Il y a des gens a qui on coupe le nez et des scènes de fesses. DES.SCENES.DE.FESSES, à neuf ans, ça choque. Aussi, je rentrais dans l’univers impitoyable du suspense extrême.

Ensuite, je me suis mise à lire du Stephen King et j’ai rangé Tom-Tom et Nana dans un placard.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Carmelita
    Carmelita, Le 4 août 2013 à 13h59

    Je n'ai rien lu de tout ça, même si le bouquin de Malzieu -dont je suis une fan absolue, que ce soit au niveau littéraire et musical - est en première position sur ma wishlist.
    Par contre, du Brussolo j'en ai lu à une époque, principalement parce que ma petite sœur lisait Peggy Sue, et du coup je les repiquais derrière. Et franchement, je n'accroche pas du tout. Ça m'a toujours fait l'effet de bouquins écrits par un mec intelligent qui sait ce qui marche dans l'édition à tel moment - et pour cause, il dirigeait les Éditions du Masque à l'époque, je ne sais pas si c'est toujours le cas - et qui copie les recettes en enrobant vaguement tout ça pour que ça ne fasse pas trop flag. Malgré tout, les tomes étaient assez répétitifs et dénonçaient à mon sens un manque assez flagrant d'imagination...

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