5 (bonnes) raisons d’aller voir Elysium

Elysium est sorti mercredi et Amélie s'est empressée d'aller le voir. Elle te donne cinq bonnes raison pour en faire de même. Hop hop hop.

5 (bonnes) raisons d’aller voir Elysium

Les films de science-fiction sont sans aucun doute mes préférés. Alors quand j’ai vu Matt Damon avec un exosquelette dans l’espace, mon coeur a fait bim. J’ai un peu tremblé d’excitation et je suis allée me jeter le plus vite possible dans un siège en toile rouge.

Je n’aime pas lire les critiques de film avant d’aller les voir. J’aime me faire ma propre opinion. Les reviews d’Elysium sont loin d’être unanimes. Ce ne sont pas ses deux étoiles virgule huit sur Allociné qui font toute la donne… Le fait est que le film a parfois déçu. Une distribution maladroite, des idées mal ou pas assumées, un réalisateur piégé par Hollywood. Bref, c’est pas top. Mais tu sais quoi, moi, quand le générique de fin est arrivée, j’étais ravie.

Elysium, dans son genre — si tu n’aimes que les court-métrages croates je pense que tu peux passer ton chemin — j’ai trouvé que ça déboîtait grave. Alors je me dis qu’il n’y a pas de raison pour que ne tu ne sortes pas aussi avec la rétine guillerette, et la tête dans l’espace.

Déjà.

Parce que ce n’est pas seulement un blockbuster

Elysium c’est l’histoire d’un futur où les plus aisé-e-s sont parti-e-s se réfugier dans un immense vaisseau avec pelouses et chants de rouge-gorge intégrés. Ils fuient une Terre devenue une favela indéfinie où s’entasse dans la poussière une population pauvre et sans réel avenir.

Le truc c’est que sur ce vaisseau, les nantis ont à leur disposition des machines qui les soignent automatiquement. Donc le malade, la veuve et l’orphelin économisent toute leur vie pour se payer un aller via le trafic de clandestins. Mais la population d’Elysium n’a pas franchement envie de voir débarquer une bande de pouilleux dans ses piscines chlorées… Personne n’y peut rien et la vie continue. Jusqu’au jour où, forcément ça capote.

Le film aurait pu être un énième blockbuster de SF futuriste, pas forcément fade, mais en tout cas très plat (coucou Tom Cruise). Mais Elysium a été réalisé par Neill Blomkamp.

Ce mec-là, c’est le petit génie qui a réalisé District 9 en 2009. Si tu ne t’en rappelles pas, c’est l’histoire de la « cohabitation » entre les extra-terrestres parqués dans des camps, et les humains (qui le sont justement le moins dans le film). Le film avait surprit car il était très psychologique et touchant. Le réalisateur soulevait le problème de l’apartheid à travers une morale violente et une réalisation très juste. Le tout produit par Peter Jackson. Bref, ça commençait bien pour lui.

En plus, je lui décerne la palme du film qui m’a mis le plus mis hors de moi de tout les temps. Un peu comme une visite à la S.P.A. : horrible. 

Avec Elysium, Blomkamp a tenté de faire un film à plus grande portée. Il s’offre un budget supérieur, des acteurs qui font trembler ton tanga et une belle bande-annonce. Donc oui, le côté « on doit envoyer la sauce par mechilzédec de trente litres » est présent.

Mais, alors que ça aurait pu tomber dans le ridicule ou le totalement assumé (Pacific Rim), derrière tout ça on sent encore la sensibilité du réalisateur qui permet au film de ne pas retomber comme un soufflé passé les poils de la séquence d’intro.

C’est vrai, les longs-métrages qui utilisent une politique aux valeurs déstabilisantes pour excuser le flux de gros calibres et d’explosion de tympans sont à la mode (American Nightmare, Oblivion, Totall Recall ou encore Clone et The Island).

On a parfois accusé le film d’être « balourd », « prévisible » ou « mièvre ». Et en effet, la ligne directrice d’Elysium est beaucoup plus manichéenne que celle de District 9. J’ai trouvé également que les relations entre la Terre et Elysium auraient mérité d’être un peu plus approfondies.

Mais finalement les bonnes idées ne sont pas forcément là où on les attend. J’ai eu l’impression que Blomkamp avait envie de mettre les mains dans la boue et de se tourner du côté humain. L’univers quasi-apocalyptique et étouffant de notre planète à l’agonie est magnifiquement représenté (visuellement en tout cas).

La Terre n’est plus qu’une planète sans végétation sur laquelle s’entassent bidonvilles et familles de latinos tatoués. Trouver du travail dans ce petit monde, c’est avoir déjà une belle vie — même si celui-ci consiste à entretenir les bombasses en bikini d’en haut.

L’autorité a été remplacée par des robots à la tolérance -1000. Bref, c’est pas la joie. Si j’ai trouvé dommage que la vie sur Elysium ne soit que survolée, ce doit être le choix du réalisateur de rentrer dans le vif du sujet, avec ceux qui auraient pu être, finalement… nous.

 « Alors c’est au 4ème étage, palier numéro 2 juste à côté de l’escalier A. Tu montes et c’est à gauche au fond du deuxième couloir à droite. Tu sonnes et j’arrives. »

Elysium est avant tout un film de science-fiction et d’action, donc les scènes de baston et d’explosions sont plus présentes que les regards perdus dans le temps, mèches au vent et en gros plan.

Bien que le scénario et la mise en scène deviennent de plus en plus pointus au fur et à mesure que le film avance, Elysium reste plutôt en marge des blockbusters du moment. Si tu as vu District 9, tu sentiras encore la touche magique du réalisateur sud-africain qui réussit à allier la puissance et l’intelligence. Et ça, c’est déjà pas donné à tout le monde.

Parce que c’est le kif visuel

Sérieusement ce film est magnifique. Côté Elysium comme côté Terre, les décors sont splendides, l’univers qui sent la Javel est diamétralement opposé aux murs crasseux et aux portes en tôle froissée — c’est marrant d’ailleurs : aucun de ces deux mondes ne donne envie…

Quoi que, c’est quand même pas mal. 

Avec un budget de 100 millions de dollars, fallait pas lésiner sur les effets spéciaux. Pour le coup, c’est réussi. L’univers créé est recherché et très beau. Les différents vaisseaux spatiaux sont originaux, tout en gardant des codes classiques (celui de l’armée est carré et imprimé camouflage, ceux des clandestins ressemblent plus à des bennes à réaction).

Certains plans sont vraiment beaux et souvent inattendus (tu apercevras des « hyper ralentis », parfois dans le style du Bullet Time, cette mode qui consiste à calculer différents angles de prise de vue par une sorte de modélisation 3D).

Cette technologie est par exemple utilisée dans les stades, ce qui donne à ton match un air de Matrix assez fou.  

Le côté homme-machine est mis en avant par l’espèce d’exosquelette greffé au personnage principal afin de l’aider dans ses déplacements et de décupler sa force. Le style un peu cyberpunk de l’engin apporte une touche d’originalité et justifie l’intensité de certaines scènes de combat.

Parce que Matt Damon

C’est vrai qu’on a toujours tendance à penser que pour qu’un film soit bon, il faut une tête d’affiche prestigieuse. C’est le cas avec Elysium qui se paie Matt Damon en héros et Jodie Foster en ministre plus froide qu’une noix de coco givrée.

Personnellement, j’avais plus confiance en cette dernière qu’en Jason Bourne. Un truc me gêne avec lui et j’ai du mal à l’imaginer en voleur de voitures badass alors qu’il se balade en claquettes l’oeil niaiseux sous les appareils des paparazzi. Mais c’était bien sous-estimer le jeune homme.

Car bien que j’ai trouvé tous les acteurs crédibles, c’est bien au héros que revient la médaille. Il interprète Max, élevé dans un orphelinat de la Terre et ne rêvant que d’une chose, emmener son amoureuse sur Elysium. Ok, sauf qu’après il grandit et commence à voler des voitures. Afin de se racheter une conduite, il décide de se mettre à travailler dans une usine qui fabrique des drones.

Tout va bien jusqu’au jour où il s’enferme dans un sas et se prend une dose mortelle de rayons radioactifs (couillon). Alors que le vaisseau pour riches n’était qu’un rêve, il devient une nécessité pour Max qui a absolument besoin de se soigner. Le garçon fougueux devient alors vulnérable et s’accroche à la vie comme une moule à son rocher. Matt Damon, crâne rasé et tatoué de partout, joue ces deux facettes à merveille.

« Je t’avais dis qu’on se levait à 5h ce matin Matt, c’est pas sérieux de sortir à des heures pareilles. »

J’ai trouvé Jodie Foster judicieuse, dans le rôle de la femme aux manettes. Son visage fermé et anguleux était plutôt bien choisi. Au casting s’ajoutent William Fichter (alias le Colonel Sharp dans Armageddon, je n’ai pas réussi à retirer cette image de mon crâne), la bonne tête du mexicain Diego Luna (Frida, Contrebande), Alice Braga (qui m’a le moins convaincue) et Sharlto Copley (acteur principal de District 9 sur lequel je vais revenir par la suite).

Parce que le méchant n’est pas qu’un gros cliché

Bon en fait y a pas vraiment qu’un gros méchant qui va traquer sans relâche notre cher Max juste pour faire joli, car si tu as bien suivi, c’est toute la société qui est pourrie jusqu’à la moelle. Cependant le personnage joué par Sharlto Copley en tient une bonne couche.

Kruger est un pillard. Parfois, il fait des extras au compte de l’État — ce qui n’est pas vraiment très politiquement correct, tu en conviendras. Là où je trouve que le réalisateur a été intelligent, c’est dans le choix de l’acteur. Trop souvent, les méchants sont de gros balourds avec des muscles à n’en plus finir, une voix d’outre-tombe et un physique de Sébastien Chabal. De tout ça, Blomkamp n’a voulu garder que la barbe.

Dans ce rôle, il a mis Copley, un peu fluet, avec sa tête de Bisounours… ce méchant intrigue. Parfois plus timbré qu’intelligent, souvent plus extravagant que mesuré, Kruger, avec son étrange accent, est un personnage très bizarre. Alors que ça aurait pu être facile de tomber dans le duel de gros bras dès le début, le réalisateur a fait un choix qui m’a semblé original et plutôt intéressant.

Slip + barbecue = badass. 

Parce que c’est un film ancré dans son époque

On est en 2013 et tout le monde est connecté. C’est vrai, tu ne peux pas te passer du compte Instagram de ton voisin et du Facebook de ton crush que tu épies à horaires fixes tout en téléchargeant un ou deux films (légalement, bien entendu).

C’est aussi le cas dans Elysium. Non, ils ne sont pas sur Twitter, on se calme ! Les Terriens ont beau être damnés et en sueur, ça ne les empêche pas d’avoir une connexion au réseau quasi-constante. Certains génies de l’informatique piratent même le système afin de se créer des identifiants qui leur permettrait d’avoir accès à la plateforme où il fait tout le temps beau.

Elysium exploite l’idée du transport de données, de réseaux, de systèmes électroniques et même du cloud. Bref, c’est un film inscrit dans une génération ultra-connectée. Ce côté un peu geek apporte une touche de modernité bienvenue, car proche de nous.

Il y a toujours quelque chose à reprocher à un film. Il est impossible de faire l’unanimité. Par contre il est facile de trouver des points positifs quand on a apprécié ce qu’on a vu. C’est un peu ce qui s’est passé dans ma salle de cinéma hier soir. À mon avis, la science-fiction n’a pas fini de te faire planer.

Tu as vu le film de Neill Blomkamp ? Tu en as pensé quoi ? 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Psy_clo_delik
    Psy_clo_delik, Le 28 août 2013 à 14h10

    Big up aussi à Sharlto Copley, même si je doute un peu des petites tresses... ?

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