4 séries dont il est difficile de parler sérieusement

Certaines séries ont beau être géniales, il est parfois difficile de les présenter ou de les défendre sans avoir l'air soit légèrement agité-e du ciboulot, soit très, très, immature. En voici une petite sélection...

4 séries dont il est difficile de parler sérieusement

Quand on essaye de convaincre des gens de mater une certaine série, il suffit généralement d’exposer vaguement le synopsis et de lister quelques raisons qui font que ça leur plaira forcément. Mais dans certains cas, c’est un peu plus compliqué – il existe quelques concepts plus difficiles à vendre que d’autres. Voici donc quatre exemples de séries qui défoncent mais qu’il est difficile de décrire sans provoquer quelques haussements de sourcils.

True Blood

Le jour où j’ai essayé d’expliquer le concept de True Blood à ma mère, on en était déjà à la saison 4, et j’ai senti dès la première phrase que j’allais vraiment galérer. Au début c’est simple : l’action se déroule dans un petit bled au fin fond de la Louisiane, dans un monde où les vampires ne se cachent plus et boivent du sang synthétique pour éviter de s’en prendre aux humains, et l’héroïne est une jeune serveuse télépathe qui tombe amoureuse d’un vampire. Bon. Mais après, les choses se compliquent un poil (attention, risque de spoilers pour celles et ceux qui ne sont pas vraiment à jour dans True Blood !) :

« Alors en fait, la meuf c’est une fée, mais on le sait pas tout de suite, elle est télépathe en fait, et elle sort avec un gentil vampire, mais en fait y a un autre vampire qui la veut mais c’est un méchant mais il est amoureux d’elle et il devient amnésique alors elle sort avec mais après il redevient méchant, et y a aussi un loup-garou qui en pince un peu pour elle mais il a déjà une meuf loup-garou un peu tarée droguée au sang de vampire, et puis son patron la kiffait un peu avant et lui il peut se transformer en n’importe quel animal et son meilleur ami c’est un sorcier et il sort avec un sorcier qui s’appelle Jesus et… »

…et maintenant on va appeler le SAMU et on va t’offrir une jolie robe en papier et tu vas bien fermer ta bouche, d’accord ? D’accord.

Le problème, c’est qu’avec cette description complètement bordélique, on ne touche même pas au dixième de l’intrigue de True Blood – et c’est qu’on se rend compte qu’il se passe quand même pas mal de choses à Bon Temps, et que la campagne c’est p’têt pas un bon plan, finalement. Et tout ce que j’ai tiré comme conclusion de cette conversation avec ma mère, c’est qu’on devrait toujours avoir du Doliprane sur soi et qu’elle ne regardera jamais un seul épisode de la série (c’est pourtant pas faute de lui avoir montré Alexander Skarsgård tout nu, mais c’est pas trop son style, apparemment).

Spartacus

C’est assez difficile de vanter les mérites de la série Spartacus à ceux qui n’ont jamais vu un épisode et qui partent avec un énorme a priori dès le départ. Déjà parce qu’il faut se farcir la réplique que tout le monde sort – « Pfff, c’est du sous-300 ! » – et se retenir de répondre « Woaaaaah, bravooooo, t’as trouvé ça tout seul ? C’est bieeeeeen, tiens, voilà une gommette ». Mais surtout parce que c’est effectivement très cheap, très con-con, pas super bien joué, hyper caricatural, grotesque et parfois risible – et même si c’est complètement assumé du côté des créateurs/acteurs de la série, ça laisse quand même pas mal de monde perplexe.

Le budget de Spartacus, c’est 10% pour l’équipe, 5% pour les costumes, et 85% de fond vert. Les scènes de batailles sont filmées à 90% au ralenti avec des cris de guerre derrière, le sang qui gicle n’est pas composé de ketchup ou de sirop de maïs, mais de pixels, et 98% des figurants sont ajoutés par ordinateur. Donc ouais, clairement, c’est de la grosse caricature bien cheap et grossière, qui mise tout sur le sexe, la violence, et les corps huilés. Et malgré tout ça, Spartacus est une série qui gardera toujours une place privilégiée dans mon petit coeur – parce qu’on sent que tout le monde a l’air de bien s’amuser derrière les caméras, que ça stimule mon âme de guerrière en pyjama, et que je me suis vraiment attachée aux personnages et aux acteurs.

Mais allez expliquer ça à quelqu’un qui ne voit que le fond vert et les ralentis foireux. Allez convaincre les foules quand tout ce que vous pouvez dire c’est « Les bagarres sont cooooooooool, et y a des orgies, et on voit plein de quéquettes, et des fois c’est émouvant, j’ai pleuré à un moment, et puis ils jurent tous sur la bite de Jupiter c’est marrant, et ils sont souvent tout nus et parfois ils parlent ».

N’empêche que Spartacus c’est cool, voilà. C’est fini pour la vie, mais c’est cool.

Teen Wolf

Quand on commence par parler d’une série en disant qu’elle est diffusée sur MTV et qu’elle parle d’un jeune adolescent qui devient loup-garou et qui tombe amoureux de la fille du chasseur de loup-garou de service, faut pas s’étonner de perdre quelques point de crédibilité au passage. Depuis que la vague Twilight a recouvert notre bien belle société, tout ce qui parle de loups-garous, de vampires et d’histoires d’amour sans effusions de sang et de tripaille qui vole ne peut pas être pris au sérieux.

Est-ce que Teen Wolf est une série niaise ? J’aimerais vous dire que non. Mais si, en fait. C’est cucul, tout le monde est mignon là-dedans, ça se regarde avec des grands coeurs dans les yeux, ça fait des petites moues boudeuses avec les yeux du chat potté, ça court dans tous les sens pour sauver sa/son bien-aimé-e – bref, ça tombe clairement du côté guimauve de la force. Mais pas que. Certains personnages de Teen Wolf sont sans pitié, et certains drames nous prennent par surprise. Après nous avoir bien installés dans un cocon tout moelleux et plein de « oulala c’est trop dur d’être un ado, j’ai le kiki qui gratte et je comprends pas très bien pourquoi mais j’aimerais mettre ma bouche sur la tienne pour voir c’que ça fait », les scènes tristes viennent nous sortir de notre torpeur avec un gros taquet derrière la tête. Et parfois, ça pique.

Au final, Teen Wolf est une série dans laquelle on se lance avec une pointe de honte et d’appréhension mais qu’on finit par vouloir vendre à la Terre entière parce que « nan, j’te jure, je sais ce que tu penses, mais vraiment, c’est COOL ». Et jusqu’à présent, toutes les personnes que j’ai réussi à convaincre sont toujours revenues me dire « PUTAIN T’AVAIS TROP RAISON HIIII », donc je pense ne pas trop me planter.

N’empêche que j’ai 25 ans, alors on me regarde toujours un peu bizarrement quand je parle de mon amour pour cette série pleine d’adolescents en rut et de métaphores de puberté (ah ben oui, le loup-garou, le corps qui change, les poils qui poussent, les pulsions difficiles à contenir, faut pas chercher bien loin hein).

Adventure Time

Le premier « problème » d’Adventure Time, c’est que c’est un dessin animé. Et en France, quand on parle de dessins animés, on pense enfants et bol de Chocapic devant la télé le samedi matin – malgré Les Simpson, malgré South Park, malgré Les Griffin, etc. Aux États-Unis, en revanche, le nombre de séries animées destinées à un public ado/adulte ne cesse de croître. L’esthétique reste globalement la même, très proche des dessins animés du samedi matin, mais les sujets abordés se font plus matures. Souvent, les thèmes « adultes » sont traités de façon subtile, ce qui permet aux enfants de regarder la série sans être trop perturbés, bien qu’ils ne puissent pas comprendre 100% des références et gags qui défilent tout au long de l’épisode. Ils y reviendront dans quelques années pour revoir leurs séries préférées sous un autre oeil et pousser des hurlements lorsqu’ils comprendront enfin les plaisanteries qui faisaient tant rire leurs parents.

Adventure Time fait partie de ces séries animées « nouvelle génération » qui régalent toutes les générations. Si vous traînez sur Tumblr, vous êtes forcément déjà tombé-e-s sur des gifs de la série, dont la côte de popularité ne cesse de grimper. Et c’est normal, c’est GÉNIAL. Une des meilleures séries animées jamais réalisées, complète, drôle, émouvante, extrêmement bien foutue, aux graphismes qui rendent fou – bref, une putain de réussite. Mais là encore, quand on essaye de convaincre les foules sans avoir de matos concret sous la main, ça se termine par une grosse plantade en beauté. Quand un adulte essaye de vous vendre un dessin-animé avec « un enfant de 13 ans et un chien polymorphe qui vont vivre des aventures extraordinaires pour devenir des vrais héros », ça peut devenir compliqué de le prendre au sérieux.

Mais Adventure Time est une vraie série de qualité, bien ficelée, qui parlera aux petits comme aux grands, et qui mériterait d’être vachement plus connue – même si Alexandre Astier a quand même prêté sa voix à l’un des personnages, la série n’étant diffusée que sur Cartoon Network, ça limite quelque peu sa visibilité.

En conclusion, il ne faut pas se fier aux apparences, et encore moins aux descriptions un peu hasardeuses et bordéliques de fans en furie. Et je vous conseille de jeter un oeil aux quatre séries citées, ainsi qu’à toutes celles que vous avez snobées parce qu’on vous les avait décrites n’importe comment. On sait jamais.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Greeen
    Greeen, Le 5 août 2014 à 20h34

    Moi c'est surtout Borgia que j'ai du mal à expliquer.

    SPOILER

    Spoiler

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