4 classiques de la chanson féministe

Une petite sélection de chansons féministes, inspirantes et reboosteuses, ça vous dit ? Avec du Lesley Gore, du Tori Amos et même du Destiny's Child.

4 classiques de la chanson féministe

En septembre dernier, Laystary vous parlait de 5 classiques de la littérature féministe. Faisons donc la même chose avec la musique en listant quelques chansons qui ont pour but de promouvoir les droits des femmes. Chacune à leur façon, les quelques chansons ci-dessous sont inspirantes pour les jours où on a l’impression que le combat pour l’égalité entre les sexes est perdu et que personne ne nous comprend. Vous savez, ces jours où on vous dit que les féministes sont des suceuses de sang qui veulent castrer les hommes ? (Ne mentez pas, je suis sûre que ça vous arrive à vous aussi.) (Ou alors je suis seule au monde, c’est possible.)

La chanson pionnière

En 1964, Lesley Gore chante You don’t own me (qu’on pourrait traduire par Tu ne me possèdes pas ou Je ne t’appartiens pas). Elle est considérée par beaucoup comme une des chansons qui a motivé le mouvement de libération des femmes aux États-Unis, puisque c’est une des toutes premières chansons où une femme demandait son indépendance. Lesley Gore insiste sur le fait qu’elle n’est le jouet de personne, qu’elle n’est pas là pour faire joli et que bon, faudrait voir à pas déconner avec sa liberté. Les paroles sont, de bout en bout, éloquentes. Extrait :

« Tu ne me possèdes pas, je ne suis pas l’un de tes nombreux jouets
Tu ne me possèdes pas, ne me dis pas que je ne peux pas aller voir d’autres garçons
Et ne me dis pas quoi faire
Et ne me dis pas quoi dire
Et s’il te plaît, quand je sors avec toi
Ne me mets pas en valeur »

Aujourd’hui encore, You don’t own me continue à influencer et à être utilisée par les femmes pour défendre leurs droits. C’est ainsi que Lena Dunham, Kate Nash, Sia et d’autres nombreuses personnalités de sexe féminin l’ont chantée en playback pour rappeler qu’elles n’appartenaient à personne d’autres qu’elles-même.

La chanson qui s’inspire de la littérature féministe

C’est pas que j’ai découvert le féminisme avec Tori Amos, mais presque. Quand j’étais nouvellement adolescente, j’ai découvert cette chanteuse qui m’a immédiatement fascinée (une fascination parfois même teintée de peur pour la jeune pipou que j’étais) et je me suis renseignée sur elle. J’ai pu constater que ses paroles étaient cryptées, qu’elle avait une imagination débordante, qu’elle assumait son corps, sa sexualité, et que rien ne venait réellement entacher sa force, pas même les drames qu’elle a vécu. Elle déchire, en fait.

Dans Cornflake Girl, ce ne sont pas tant les paroles que ses inspirations qui réveillent l’égalitariste en moi. Tori Amos a d’abord lu Possessing the Secret of Joy d’Alice Walker (qui est, en plus, une de mes auteures préférées, histoire de m’achever avec un peu d’amour et d’admiration), roman qui raconte l’histoire d’une jeune afro-américaine qui subit une mutilation génitale. Elle s’est alors indignée de savoir qu’une femme pouvait physiquement blesser sa propre fille, ce qui lui a donné envie de traiter plus généralement le thème de la trahison entre femmes. La chanson oppose ainsi les raisin girls aux cornflake girls ; les premières, ouvertes d’esprit, les secondes, gonflées de préjugés. L’idée, c’est que, comme dans une boîte de céréales, les raisins (note aux réfractaires du fruit sec : vous pouvez remplacer « raisins » par « pépites de chocolat ») sont plus difficiles à trouver.

Alors c’est marrant parce que pour moi, justement, c’est tout l’inverse et j’ai drôlement du mal à rencontrer des gens véritablement fermés d’esprit. Cette bulle dans laquelle je vis est fantastique. J’aime bien.

La chanson très énervée

Bikini Kill, fondé en 1990, est l’un des groupes qui a inspiré le mouvement des Riot Grrrl dont Lady Dylan vous a parlé cet été. Un groupe punk qui a chanté des paroles antisexistes, oui, mais pas que : on trouve aussi dans les mots des Bikini Kill une protestation évidente contre le racisme, l’homophobie, et toutes sortes de discrimination.

Rebel Grrrl est une des chansons les plus connues du groupe : c’est l’histoire d’une fille qui en admire une autre pour la colère qu’elle exprime et l’impression de liberté qui émane d’elle. Bon, évidemment, faut aimer le punk, mais eh.

http://www.youtube.com/watch?v=5DSSFJJ5Wo4

La chanson qui incite à être indépendante quand on a envie de l’être

Quand j’étais plus jeune, il me serait difficilement venu à l’idée que les Destiny’s Child puissent faire une chanson aux paroles féministes. Et pourtant, le morceau qu’elles ont interprété pour accompagner le film Charlie’s Angels promeut l’indépendance des femmes qui ont choisi de ne dépendre financièrement que d’elle-même. Pour celles qui le veulent, du moins, parce qu’être féministe c’est être pro-choix, n’est-ce pas. Chacune vit comme elle veut, on force la main de personne et on se fait des bisous. Du moins c’est comme ça que je vois les choses.

Independent Woman, c’est un peu la chanson que j’ai dans la tête dès qu’un serveur ou une serveuse s’étonne de me voir inviter un mec au restaurant. Et sérieusement, c’est tellement pénible que j’ai chaque fois du mal à ne pas péter le terminal de paiement avec mes fesses en criant « Je fais ce que je veux avec mes sous, on est en 2013, oh ! »

Et toi, quelles sont les chansons féministes qui t’inspirent le plus ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • N'hamster
    N'hamster, Le 14 février 2013 à 19h11

    Hum mon commentaire a du être supprimé... Ça concernait pourtant bien l'article dont il est question ! Je demandais donc si il était possible de trouver une version française du livre dont parle l'article, à savoir Possessing the Secret of Joy d'Alice Walker..?

    Article très intéressant sinon :)

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