10 ans de tabagisme

Pondu par Charlotte le 31 mars 2008  

Ce matin, j’ai arrêté de fumer. Depuis deux semaines, je m’y prépare : « mes 24 ans sonnés, je stoppe la clope ». Pour m’aider un peu dans l’épreuve de ma vie, j’ai fait le tour de mes 10 ans de tabagisme.

(A part ça, je vais presque bien. J’en suis déjà à ma troisième Nicorette, c’est dégoûtant comme de la menthe au poivre mais ça soulage.)

13 ans : Premières clopes dans le garage de mes parents. Est-ce que je fume bien ? Au collège, ça vanne sur ceux qui « crapautent ». J’ai la trouille d’en être. J’observe mes parents et reproduis : je m’entraîne.
Très vite, je fume trois clopes par semaine. Je suis considérée par mes semblables comme une vraie fumeuse.

14 ans : Je me suis faite griller. Ma mère a trouvé un paquet de clope vide dans une boîte de parfum. Elle a d’abord crû que je le gardais en souvenir d’un p’tit copain – naïve maman – avant de découvrir le pot aux roses. Je ne cherche pas à nier.
Et je me fais tuer ! Il y a d’abord la menace de la privation d’argent de poche parce-qu’on-ne-te-donne-pas-de-l’argent-pour-que-tu-te-pourrisses-la-santé (« d’façon, j’m'en fous, les clopes je vais directement les taper dans ta cartouche » me dis-je). Pire encore, elle menace d’interdire les sorties en ville le mercredi après-midi (au cours desquelles je peux rouler des pelles à loisir à mon copain). Je flippe. J’arrête la clope une semaine. Version officielle pour ma mère : « si si, j’ai arrêté promis ».

15 ans : Ma petite soeur a senti que je fumais. Quand je lui avoue, elle fond en larmes comme si j’étais condamnée (à 12 ans, elle, elle a déjà compris). Profitant de l’ascendant que me confère mon statut de grande soeur, je la convaincs de me couvrir et d’occuper mon autre petite soeur pendant que je vais fumer. Ce qu’elle fît, en grognant à chaque fois, mais complice (pardon, soeurette).

16 ans : Crise d’ado. « De toute façon, m’man, si tu faisais attention à moi, tu aurais vu que je fume ». Tellement culpabilisée par cette réflexion, elle oublie de m’engueuler pour la clope. Dans les mois qui suivent, je suis incapable de fumer devant elle (« bon, maman, je vais fumer une cigarette, tu marches devant et SURTOUT SURTOUT tu ne te retournes pas »).

A partir de là, c’est la fin des haricots : je fume pour de vrai.

17 ans : A la cantine, c’est pas bon. Ma mère me donne donc chaque jour 4 euros pour mon déjeuner. 4 euros tous les deux jours pour la clope, il me reste donc deux euros pour mon repas du midi. Résultat : pendant un an, je me nourris de deux snickers chaque midi. Bien sûr, ma maman n’en sait rien.

18 ans : Je suis amoureuse d’un garçon qui ne fume pas. C’est l’angoisse, je ne veux pas qu’il ait l’impression « d’embrasser un cendrier froid ». Je fume moins, mais je fume toujours.

19 ans : RAS. La clope et moi nous nous aimons

20 ans : RAS. Même si j’en ai marre qu’elle pompe tout mon fric.

21 ans : Par coquetterie, je décide de porter un appareil dentaire, avec des bagues et des élastiques, un vrai quoi ! Les bagues sont blanches, les élastiques sont blancs… les premiers jours. Avec la clope, l’ensemble jaunit à toute vitesse. Je souris façon pub Denivit.
Pendant un an, mon tabagisme va ressembler à une grosse blague : après chaque RDV chez l’orthodontiste (et donc chaque changement d’élastiques), j’arrête de fumer pour garder mon sourire email diamant, pour reprendre 2 ou 3 semaines plus tard ou, pire, la vieille du nouveau RDV chez l’ortho (« bah oui, d’façon demain elle me met des élastiques propres, ceux-là maintenant je peux les pourrir »).

Note : J’ai compris plus tard que la teinte jaune était,elle, dûe au curry que j’avalais alors en quantité industrielle. J’ai eu moins de mal à arrêter le curry que le tabac… Va savoir pourquoi.

22 ans : Etudiante en fin de parcours, de sous je suis à court. Les comptes sont tristes : « il me reste 100 euros pour finir le mois. 5 euros de clopes par jour, ça me fait moins 75 euros. Il m’en reste donc 25 pour manger pendant deux semaines . Bon ben, au menu, ça sera baguette de pain et bouteille de Cola (made in Lidl).

23 ans : Découverte d’une combine : j’achète mon tabac en Belgique et je roule mes clopes à la main. Ca ne me coûte plus rien. Plus rien ne m’empêche de me saloper les poumons.
Plus rien ? Si. J’ai soudainement intégré qu’on pouvait être né en bonne santé, avoir vécu des années sans la moindre hospitalisation et un jour, bam, un truc qui te rend tout mort te tombes sur le coin du nez, un truc comme un cancer par exemple. Alors j’ai décidé d’arrêter de fumer afin de préserver les quelques années d’insouciance qui s’annoncent.

Maintenant ce qui m’intéresse, c’est d’avoir vos retours, fumeuses, ex-fumeuses et non-fumeuses. C’est quoi votre parcours clope, à vous ?

Ça vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article

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  1. Maybexhappy Maybexhappy

    Le 07/11/2009 à 20h30

    Hum, je disais juste qu'il fallait relativiser. Mais bon.
  2. Dies Irae Dies Irae

    Le 08/11/2009 à 00h43

    Citation:
    Posté par Maybexhappy Voir le message
    Hum, je disais juste qu'il fallait relativiser. Mais bon.
    Et bien moi je te dis juste qu'il n'y a vraiment pas de quoi relativiser.
  3. suspensi0n suspensi0n

    Le 08/11/2009 à 00h54

    Je ne fume pas mais l'article m'a dégoûté à jamais. C'est surtout le coup du "je mangeais 2 snickers le midi pour me payer mes clopes" qui m'a reffroidie...
  4. supersoso31 supersoso31

    Le 08/11/2009 à 20h27

    En fait, je ne comprend pas l'intérêt de fumer, quoi que ça soit ?
    ça coute des sous, ça sert à rien en soit, et on met sa santé en danger.
    Je trouve que les gens qui se mettent à fumer ou qui fument sont cons.
    Un peu de volonté pour arrêter ça suffit.
    Et en plus, le truc du "c'est parce que je stresse", excusez moi, mais autant prendre un chewing gum...
    Ridicule.
  5. Willy.wonka Willy.wonka

    Le 08/11/2009 à 21h16

    Ma première clope s'était à 17 ans, comme ca pour essayer avec une amie fumeuse et certainement pas pour me la péter, donc fumer dans la cours devans la moitié du lycée non merci, et pi c'est surtout en soirée finalement, et encore. J'aime bien l'effet que ca me procure sur le moment mais je suis très loin d'être accro.
  6. Léopoldine. Léopoldine.

    Le 08/11/2009 à 21h49

    Citation:
    Posté par Aalia Voir le message
    j'ai commencé exactement comme ça. A 15 ans.
    En pensant comme ça.
    "je ne suis pas dépendante" "faut arrêter c'est rien" "je peux résister"
    évidement, c'est pas maintenant que tu constates les dégats. donc la santé n'est pas un argument.

    mais..
    mais le temps passe vite. A 20 ans j'étais déjà mal, je fumais régulièrement et commençais à m'en vouloir.. mais bon, vie étudiante + plein de fumeurs, j'y allais franchement. j'avais pas d'argent, je le trouvais.

    a 23 ans, premier job, je cotoie des collègues qui ont 50 ans et plus. Il y a ceux qui fument, ceux qui fument pas comme partout.
    Et là c'est un choc : la différence entre les deux est nette. Extrêmement nette. il y a ceux qui sont en forme, ridés normaux, face à ceux qui montent pas trois marches et une peau dévastée. j'exagère à peine.

    j'arrête, j'en ai marre. Une fois, deux fois, six fois. Ca marche. Uniquement au prix d'un suivi psychologique très soutenu. je suis fière.

    aujourd'hui, j'ai 25 ans. ca fait un an et demi que j'ai arrêté et j'ai retrouvé tout ce que j'avais perdu petit à petit sans même m'en rendre compte : odorat, gout, souffle, liberté, indépendance face aux horaires d'ouvertures des bureaux de tabac.. et j'en passe.

    Alors à coté de ça, le "contact" genre "t'as pas du feu".. pfff! mes amis sont restés mes amis, rien n'a changé entre nous.

    Voilà.

    A 16 ans, les "vieux cons qui me faisaient la morale" m'exaspéraient au plus haut point. j'étais pas comme eux, je prenais la clope différement.
    Sauf qui si, j'étais comme eux en plus jeune, je suis devenue pareil, j'ai cru que la clope n'allait pas me bouffer et je m'en suis mordu les doigts. Aujourd'hui, la vieille qui fait la morale, c'est moi. et demain, ce sera toi.

    Parce que tu es exactement comme moi. la clope t'attaque comme elle a commencé avec tout le monde : en te faisant croire qu'elle est ton amie, bien agréable et que fialement, elle n'est pas si dangereuse que ça.
    Probablement la meilleure argumentation anti-tabac que je n'aie jamais lue/entendue, bien plus efficace que les 'fumer c'est trop con' des non-fumeurs.
    Même si je fume régulièrement depuis moins d'un an, je me rends compte que fumer me saoûle de plus en plus, mais que paradoxalement, mon nombre de cigarettes quotidiennes augmente de plus en plus. Je pense sérieusement à arrêter, pour ne plus être en galère de sous, pour ne plus sentir le tabac sans m'en rendre compte, pour retrouver mon souffle... Mais en même temps, ça me manquerait vraiment de passer mes récrés avec mes potes fumeurs (le côté négatif des espaces non-fumeurs...). je suis faible, je sais.
  7. Aadrea Aadrea

    Le 05/11/2010 à 20h54

    C'est simple de dire " La cigarette c'est mal, ça coûte du pognon et c'est pas bon !"
    La vérité, c'est que c'est pas désagréable... sinon personne ne fumerait. Ou alors tout le monde ferait le maximum pour s'arrêter. Au début, tu fumes pour faire "comme les copines " puis après, parce que tu l'aimes cette petite cigarette du matin... & puis celle avant de manger... & puis celle après-manger...
    Alors c'est vrai que les gens qui disent " Non mais vous vous pourrissez la santé là ! " m’énervent un peu.
    On le sait ça. On est pas stupide. Bref, tout ça pour dire que j'estime beaucoup les gens qui arrivent réellement à s'arrêter, et que les gens qui pensent qu'arrêter de fumer c'est trop trop simple, faut juste de la volonté...beein c'est totalement faux

    ( Autre chose; c'est étrange mais les cigarettes sont "officiellement" interdites de vente au mineurs... & pourtant, je n'ai jamais vu quelqu'un se faire recaler, même les jeunots de 10-12ans... Il serait pas là le problème aussi ? )
  8. bowse bowse

    Le 05/11/2010 à 21h54

    C'est fou la façon dont cet article est écrit, on arrive à sentir le désarroi et celles qui fument comprennent et se voient dans plusieurs des situations. J'admire <3

    Fumeuse, je le suis. J'ai commencé aux débuts de mes études de médecine (qui aurait pensé qu'il y avait autant de fumeurs dans les professions médicales) pour plusieurs raisons : le stress, ça semble évident ; j'avais un appart et je pouvais me cacher du regard de ma mère parce qu'il n'y a rien de pire que de voir la déception dans les yeux de sa maman et la pause café-clope était sacrée chez moi.

    T'es toute fière au début quand t'es capable de te dire "nan, mais je maitrise j'en fume qu'une par jour" jusqu'au jour où tu réalises que c'est devenu "nan, mais je maitrise, j'en fume qu'un paquet par jour... ah ouais, je maitrise plus en fait..."

    Finalement aujourd'hui, je me sait dépendante. Depuis trois ans. Mais je suis une rebelle et je me dis que je choisis l'option cancer (quelle naïve petit enfant fais-je... c'est la plus grosse connerie que l'on peut entendre d'un fumeur). J'ai perdu la motivation d'arrêter : un carrage de médecine suivi d'un plantage de médecine, la réinscription dans des études pas folichonnement passionnantes, le tout assaisonné d'abandons de personnes, perte de ma pseudo liberté et tout et tout (et oui, un fumeur a toujours une bonne excuse pour s'en griller une).

    Les non fumeurs, je les félicitent et leur recommande de ne jamais commencer (je les engueule même quand ils sont trop près de moi quand je fume) ; les fumeurs, bha je leur dis rien et je clope avec eux, la motivation pour arrêter, ça doit venir de soi même, le "c'est le mal", on en a rien à foutre et c'est même devenu notre phrase quand on en allume une.

    Dernière catégorie : les ex fumeurs. Je les admire tel que j'admire celle qui a écrit cet article. J'voudrais bien suivre et arrêter aussi, mais la motivation n'est pas là. Tampis pour moi, dira-t-on. Quand ça ira mieux, peut être (n'est ce pas ce que l'on se dit toutes?)
  9. morgaganette morgaganette

    Le 22/04/2011 à 16h24

    Je fume depuis que j'ai 13 ans, j'en ai 14 (et demi ! -Oui je sors-) Il met arrivé exactement pareille que toi à mon age !
    Sauf que moi j'ai sortis que j'avais essayer rien qu'une fois, alors qu'elle a trouver le paquet, vide bien sur, mais elle m'a cru. Naïveté quand tu nous tiens. Elle croit toujours que je ne fume pas mais je continue comme avant.

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